Les squames du lapin     par Samuel Boucher, docteur vétérinaire, juge cunicole officiel

Qu’est-ce que c’est ?
Pour l’Homme, on parle de « pellicule ». C’est un synonyme. Les squames sont en fait des lames qui se détachent de l’épiderme dans certaines dermatoses (maladie de la peau). Ce sont donc de petites structures blanchâtres de peau morte.

En soi, elles ne sont pas très gênantes pour le lapin mais elles sont le signe d’un dérèglement présent ou passé de la peau. Il y a de très nombreuses maladies qui peuvent provoquer la production de squames. De même, après une inflammation localisée, la peau peut produire des squames, signe normal de la fin d’une réaction locale. Ce qui est ennuyeux, c’est la production excessive de ces « pellicules ».

 

Que faire si on en observe en exposition ?
En règle générale, en concours, le juge peut observer ces productions épidermiques essentiellement dans deux cas :

 suite à une inflammation après une vaccination mal réalisée
 lors de parasitose due à des Cheleytiella parasitivorax et/ou des poux de type Leporacarus gibbus.

Image Cheyletiella

Il n’est pas question d’éliminer un lapin qui présente quelques « pellicules » sur une partie du corps. Cependant, en cas de production excessive, il est tout à fait normal que le lapin soit éliminé.

On cherche à favoriser les vaccinations quelles qu’elles soient donc, si le juge pense que les squames observées sont dues aux suites d’une vaccination, il ne faut pas éliminer le sujet. En revanche, si un éleveur observe ce phénomène très fréquemment, il faut absolument qu’il revoie sa technique vaccinale (matériel, désinfection etc.).

 

Un exemple de parasitose de la peau qui peut entraîner disqualification : la cheyletiellose
Il arrive parfois que de petits acariens (un peu comme ceux de la gale des oreilles) soient abrités sur le dos des lapins, juste en arrière du cou, sur les épaules. Il abrase la couche cornée de la peau et provoque la chute des poils. Le lapin fabrique alors de nombreuses squames. Parfois le parasite s’enfonce dans les couches cornées de la peau. Le lapin se démange et se gratte légèrement. Cheyletiella a une durée de vie de 5 semaines et peut, dans les cas les plus avancés, faire tomber les poils ce qui est évidemment un critère de disqualification. Dans ces cas là, des croûtes gris blanchâtre onctueuses recouvrent un tégument rouge et douloureux. Le diagnostic est amusant et simple : on réalise un brossage du lapin et on récupère les squames sur une feuille de papier. On écoute et on entend un bruit caractéristique dû aux parasites qui marchent sur la feuille. L’observation au microscope confirme le diagnostic. Le traitement consiste en une administration d’ivermectine et un bain à base d’amitraz. Votre vétérinaire saura vous conseiller sur ce type de traitement. 

Image Pou 

Parallèlement à la présence de Cheyletiella, il y a presque toujours un autre parasite : Leporacarus gibbus (anciennement appelé Listrophorus gibbus) ou «pou» du lapin. Il est très fréquent en exposition. On peut le voir à l’œil nu mais il faut porter une attention particulière. Les fourrures contaminées sont ternes et le juge, même s’il n’aperçoit pas le parasite, pénalise le lapin. Ce parasite n’est pas grave mais il faut essayer de s’en défaire en éliminant la paille contaminée et en administrant un acaricide sous forme de bain.