Le lapin Japonais Extraits du livre de 1900  « Les Races de Lapins » d’Eugène MESLAY

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Standard 2000                                                                                  Standard 1963

Origine
« Nous avons vu figurer lors du concours général de 1887 dans la classe des lapins communs, une variété qui avait vivement excité la curiosité. Ils étaient tricolores et portaient le nom de Japonais. » M. NAUDIN   Revue Avicole 1894.

Depuis trois ou quatre ans, il paraît dans les expositions du Concours Général Agricole, du Jardin d'Acclimatation et de la Société nationale d'Aviculture, sous le nom de Lapin Japonais, une race de lapins composée d'animaux remarquables...» M. MÉGNIN, édit. 1891.

« Lapin Japonais, variété qui a fait son apparition depuis deux ou trois ans. » M. de Foucault. (Le travail de M. de Foucault, publié en brochure en 1891, avait paru l'année précédente dans le Mentor agricole.)

« A l'exposition de Paris 1887, il y en avait quatre lots; ils concouraient dans la classe des « Communs » qui à cette époque, englobait les lapins communs et leurs diverses espèces ainsi que les Géants des Flandres.

Les amateurs de la nouvelle race, peu satisfaits des prix supplémentaires et des mentions que le Jury, sur réclamation, leur avait concédés, demandèrent a grands cris une classe spéciale. Satisfaction leur fut bientôt donnée. Deux sections nouvelles, l'une pour les Japonais et l'autre pour les Géants furent créées.

Cette classification plus étendue était-elle justifiée ? Le Japonais méritait-il une classe particulière? Les opinions furent diverses.

« Pour moi, dit M. NAUDIN, la section des Géants avait seule sa raison d'être, le lapin Japonais n'étant qu'une variété de lapin commun. » ......C'est une des nombreuses curiosités créées par les éleveurs et qui n'ont en somme qu'un médiocre intérêt. Revue Avicole 1894.

.....Les Japonais ne progressent pas... ils pourraient bien un jour rentrer dans l'ombre d'où ils auraient aussi bien fait de ne jamais sortir. » Aviculteur 1891.

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Photographies Vie à la Campagne avril 1923

D'avis contraire, M. MÉGNIN concluait : « Celle race mérite d'être séparée des vrais lapins communs et d'avoir sa classe...

« Nul doute que le lapin Japonais à cause de sa robe originale et son entretien relativement facile ne se fasse beaucoup d'amis. Il constituera l'ornement de nos expositions partout où on pourra le rencontrer. » J. de l'ARBRE. Mentor Agricole 1896.

« Il ne faut pas confondre cette espèce avec les races dont j'ai parlé plus haut, (argenté, russe etc.) dont l 'originalité de la fourrure constitue le principal mérite..., le lapin Japonais ne le cède en rien à ces races pour la beauté ; il a sur elles l'avantage d'être excellent reproducteur et de donner l'une des meilleures chairs... On a peine à concevoir l'indifférence des amateurs pour cette charmante variété, imputable, je pense, au manque de publicité sur les mérites qui lui sont propres. » M. de HAUTE-CLAIRE.

Le Japonais mérite-t-il et ces reproches et ces louanges ?

Jugé, d'après les spécimens de l'époque présente, tous défectueux de type et de couleur, il encourt assurément les critiques de M. Naudin et de l'Aviculteur, mais il a droit aux éloges de MM. Mégnin, de l'Arbre, de HAUTE-CLAIRE, si, nous souvenant du passé, nous voulons bien nous rappeler ce que fui autrefois ce lapin : Aurions-nous donc oublié les admirables sujets de M. SAFFRAY ?

En Belgique et en Hollande, il est assez connu.

D'après les comptes rendus des expositions, les sujets présentés seraient en plus grand nombre qu'en France.

En Suisse, il a de fervents admirateurs.

« La race des Japonais est un peu nouvelle... On en voit maintenant dans toutes les expositions. Ils ont été importés en Suisse par M. Léon GALLEY, bien avant l'exposition de Berne en 1895. « M. BRULHART. »

V. Communication de M. CAGMANN au « Tierwelt » Mentor, 1896.

En Allemagne, le nom de Japonais s'applique fréquemment, nous l'avons vu, au Lapin anglais : c'est encore ainsi qu'il est désigné dans Wahl's Taschenkalender für Kaninchenzüchter (1900), mais dans le journal "Der Kaninchenzüchter" du 6 février 1900, M. Émile PAULI, proteste contre cette confusion et distingue nettement les deux races : « J'ai la prétention, dit-il, de bien connaître le Japonais, car je l'élève depuis tantôt dix années : assurément il est tout autre que le lapin bicolore anglais, Englischer Schecke. On le rencontre assez fréquemment chez nous ; je dois cependant reconnaître que l'élevage du Japonais s'affaiblit ; par contre le lapin anglais semble gagner du terrain et ramener à lui les adversaires de la première heure. »

En Angleterre, le Japonais est peu connu, son introduction paraît toute récente. Voici ce que nous lisons dans le Fur und Feather 1899.

«... Les argentés bleus et la nouvelle variété connue sous le nom de Japonais, sont encore peu répandus...

«... Les Japonais, comme couleur et marques, ressemblent assez au tortoiseshell cat; leur aspect est très séduisant et certainement ils ne tarderont pas à prendre rang parmi nos principales races... »

Dans un entrefilet (F. and F, 1899) Colour of Japanese rabbit, M. G. A. BENFIELD nous apprend que le principal éleveur de Japonais est M.F. GUY, Great Brelades Bay, Jersey.

La proximité des îles Anglo-Normandes permet bien de supposer que cette race a été d'importation toute Française.

« Pour l'amateur sérieux, le lapin Japonais que l'on a voulu parer du nom de race n'est qu'un simple lapin commun... Cela est bien prouvé par les portées, car il est constant que dans chacune il y a des petits qui sont de couleur unie : on y trouve le gris, le blanc, le fauve et quelquefois du noir... » M. NAUDIN. Rev Avicole 1894.

« Nous ne parvenons pas à découvrir l'origine toute récente de ce lapin très commun, mais bariolé à la façon des chats tricolores ou écaille de tortue, en anglais, tortoiseshell. Nous savons que celte couleur s'obtient par le croisement du lapin noir avec le roux. Le farceur qui le premier les a lancés comme Japonais ne voudrait-il pas être assez aimable de se faire connaître? Les amateurs pourraient alors lui adresser leurs félicitations. » Chasse et Pêche 1894-1895.

«  Ce lapin vient-il du Japon, ou est-il une variété de Hollandais de grande taille? That is the question. » M. de FOUCAULT  M. MÉGNIN.

Sur la première interrogation, la réponse nous semble facile : il porte un nom de fantaisie, absolument comme le lapin Sibérien, etc.

« Les Japonais, que nous croyons plutôt originaires de Belleville ou de Montmartre que de Tokyo ne progressent pas...» Aviculture 1891.

Sur la seconde, nous penchons pour une réponse affirmative; nous l'avons déjà fait pressentir en parlant du dutch tortoiseshell.

Rappelons nous que sous le nom d'écaillé de tortue, les fanciers anglais désignent deux robes différentes :

L'une est produite par la juxtaposition de deux couleurs, dont l'une est le noir, l'autre le jaune, l'orange, le rouge, on le brun. Le blanc est exclu : il devait nécessairement l'être, car la robe écaille s'applique simplement aux parties colorées du dutch ; si le blanc avait existé, il aurait pu se confondre avec les marques, qui toujours sont blanches, par là même en détruire l'harmonie et enlever toute valeur au sujet.

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Photographies Vie à la Campagne avril 1923

Nous avons dit « juxtaposition » et non « mélange » de couleurs : « Les couleurs devraient exister en taches distinctes, aux rebords franchement tranchés. »

Mais cet idéal qu'ils s'étaient proposé, les fanciers anglais ne purent l'atteindre.

« Je confesse, dit M. AMBROSE, que le résultat de mes expériences fut triste et vraiment déconcertant. Loin d'être comme celles du Cobaye, nettes et claires, les taches étaient brouillées cl confuses ; les couleurs, au lieu d'être franchement séparées, empiétaient l'une sur l'autre et l'aspect produit n'était rien moins que déplaisant. »

N'est-il pas possible de découvrir dans ces Hollandais mal réussis, de nuances indistinctes, le principe, l'origine même du Japonais ?

Est-il donc si difficile, par le croisement de sujets fortement nuancés, c'est-à-dire chez lesquels la couleur a envahi les marques, au point d'annihiler même les caractères de la race, d'arriver par une sélection judicieuse à l'exclusion totale du blanc? dès lors l'animal produit, ne ressemble-t-il pas au Japonais ?

« A l'origine, le lapin Japonais était petit..... » M. NAUDIN.

Le Japonais était petit, le Hollandais lui aussi est petit, et dans celle conformité de taille ne peut-on pas trouver une preuve nouvelle en faveur de la thèse que nous exposons.

Caractères extérieurs

Les deux types.

«... A l'origine, le lapin Japonais était petit... mais à la suite de croisements divers apparaît un second type, plus grand, plus fort.

« Comme je l'ai dit, cela fait deux variétés de Japonais, une de moyenne grosseur, la première en date, la seconde énorme...» M. NAUDIN.

« Les Lapins Japonais constituent deux catégories très distinctes, la grande et la petite race. » M. de HAUTE-CLAIRE Sic. MM. de FOULCAULT, BRULHART etc.

Nous avons constaté nous-même l'existence de ces deux variétés : ainsi à l'exposition de la Société Nationale d'Aviculture de France (1898) nos petits Japonais avaient peine à soutenir la comparaison avec les gigantesques sujets de MM. de MARCILLAC et FAVEZ VERDIEER.

Les grands Japonais
Ce sont, dit M. MÉGNIN, des animaux remarquables, bien construits...» ils étaient, peut-être ainsi quand l'écrivain publiait ces lignes, mais que sont-ils aujourd'hui?

Nous les trouvons trop gros et trop communs de forme, mal marqués de couleur, disait déjà M. VOITELIER en 1891.

« Les Japonais sont bien nuancés et méritent sans conteste les prix, quoique par leur grosseur ils semblent s'éloigner de la race type qui était moins volumineuse. M. NAUDIN. Revue Avicole 1891.

Les défauts depuis 1891 n’ont fait que s'accroître.

Pour développer davantage encore la taille, les éleveurs eurent recours aux croisements avec les Géants, les Normands, les Béliers etc... Le poids augmenta  insensiblement, mais la couleur diminuait et le type se perdait à tout jamais.

Aussi, le Japonais actuel, sans caractères propres, n’offre-t-il plus qu'un vulgaire assemblage de formes hétéroclites, conséquence des croisements qu'ils a subis et qui ont abâtardi et dénaturé la race !

Si nous disons encore que ce lapin sans type a une tête énorme, en disproportion avec la grosseur même du corps, des oreilles démesurées, larges, épaisses, du port le plus variable, mais souvent tellement écartées que l'une ou l'autre devient demi-pendante, un fanon immense, un poids excessif, un poil long et grossier, nous aurons le portrait peu flatté mais exact du grand Japonais moderne.

Image Japonais Meslay
Japonais - illustration du livre de Meslay

Les petits Japonais
Tout autre est le petit type, mais est-il logique de le qualifier ainsi : sans doute, tout est relatif ; il est petit, comparé au Japonais que nous venons de décrire ; il serait. plutôt « moyen » si nous envisageons l'ensemble des races de lapins. Derniers survivants du type primitif, précieusement conservés par quelques rares éleveurs, les petits Japonais, rappellent les formes du hollandais, dont, selon nous, ils ont du dériver, mais plus gros et plus forts que leurs auteurs, ils n'ont ni la distinction ni l'élégance qui caractérisent ordinairement les toutes petites races.

Le corps est bien charpenté, bien construit, un peu plus long que celui du hollandais ; le râble est large, charnu ; les cuisses ne présentent aucune saillie et forment avec le dos une rotondité parfaite ; l'ossature est légère; la tête assez fine ; les oreilles de longueur moyenne (9 cm) plutôt étroites, bien dressées, généralement serrées l'une contre l'autre, parfois légèrement ouvertes; le poil fin, court, brillant; le poids varie entre 2 kg. et 2.5 kg.

L'aspect général est harmonieux et respire la santé et la vigueur; l'altitude est vive, gaie, nerveuse.

L'existence parallèle de ces deux types est-elle bien nécessaire ?

Le noir et feu fut du « petit », du «  moyen » du « grand » type, mais bientôt cette triple et inutile distinction fut abolie : seul, et sans qualification aucune, existe aujourd'hui le noir et feu.

Le Japonais doit-il subir des évolutions semblables?

Nous l'ignorons, mais nous souhaitons ardemment qu'elles soient promptes et aboutissent a. un type unique : Le Japonais.

Couleur

« Leur robe est écaille, ce qui veut dire, jaune, orange et noire...» M. de Foucault.

« Le Japonais a la robe étrange, jaune, noire, orange... Mme  de BOISLANDRY,

Sic. MM. NAUDIN, MÉGNIN.

“ En France et en Belgique, nous appelons Japonais le lapin écaille (tortoiseshell, tricolore) jaune, brun et noir, parfois, jaune, brun, gris, noir et blanc...» Chasse et Pêche.

« Comme l'indique son nom français, il est tricolore, noir, roux et blanc ; l'un est plus clair, l'autre un peu plus foncé...» Mentor Agricole. 1896.

« La grande race, de couleur plus orangée, serait marquée de blanc; la petite est de couleur isabelle, nuance intermédiaire entre l'orange et la terre de Sienne et parsemée de taches grises et noires : elle n'aurait pas de blanc...» M. de HAUTE-CLAIRE. Sic M. BRULHART. (Nous n'admettons pas cette distinction de couleur entre les deux variétés).

Recherchons dans ces textes la nomenclature de toutes les couleurs citées :

Nous trouvons le noir, le jaune, l'orange, le roux, le brun, le gris, l'isabelle cl le blanc.

Ceci dit, et sans encore indiquer l'ordre de nos préférences, nous adoptons les premières couleurs, nous y ajouterons même le fauve, le bleu etc. Nous admettrons tous les tons, mais pour le blanc, notre opinion est formelle, il doit être exclu.

Nous avons pour nous l'autorité de Mme de BOISLANDRY, de MM. MÉGNIN, de FOUCAULT, Van der SNICKT.

A une demanda que nous adressions au rédacteur en chef de « Chasse et Pêche » nous recevions la réponse suivante :

1898-1899 — Correspondance  E. M. SOURDEVAL.

« Je suis d'accord, le lapin Japonais doit être jaune, orange et noir, sans blanc. » L. V.

Mais examinons encore les qualifications du Japonais.

En France, il est souvent appelé « écaille de tortue ». Mais où donc est le blanc dans la carapace de la tortue commune?

Les anglais le nomment  « tortoiseshell » ; le Chat tortoiseshell est noir, orange, jaune. F.  and  F. 1897.

Le Cobaye tortoiseshell est seulement noir et rouge. V. Cavies par MM. HOUSE et MELDRUM, mais là encore une fois il n'y a pas de blanc.

Remarquons que le terme « tortoiseshell » n'implique pas un nombre déterminé de couleurs : le tortoiseshell cavy n'en a que deux, rouge et noir, le tortoiseshell cat, trois, orange, jaune et noir ; il serait donc imprudent de toujours traduire

« tortoiseshell » écaille de tortue, par « tricolore ».

Quand le blanc existe, il est nécessaire de l'indiquer ; tortoise and white cavy, cobaye écaille de tortue et blanc ici alors cobaye tricolore, le cobaye commun ; tortoise and white Dutch, le lapin Hollandais fauve et noir dans les parties colorées, blanc dans les marques, etc.

Dans tout Japonais, le noir est nécessaire, car c'est cette couleur qui constitue les marques (tête et zébrures).

En dehors du noir, les nuances qui se rencontrent le plus fréquemment sont l'orange et le jaune.

Mme de BOISLANDRY, MM. MÉGNIN, de FOUCAULT.

Le gris et le bleu se voient plus rarement ; ces nuances sont d'ailleurs moins estimées.

« On aime les couleurs bien marquées et ne tirant pas trop sur le gris cendré ou pâle... M. BRULHART.

« Les plus recherchés sont ceux qui présentent les couleurs les plus franches... » M. NAUDIN, Revue Avicole 1894.

Relativement à la distribution de la couleur, l'idéal serait d'obtenir des taches distinctes, aux rebords nets et francs, mais le but est difficile à atteindre.

Si le rouge et l'orange peuvent être repartis de la manière la plus bizarre et la plus variée sur tout le corps, il n'en est pas de même du noir : il doit, sinon exclusivement, car il peut aussi se trouver sur quelques autres parties (oreilles, etc.), tout au moins exister nécessairement sur certains points déterminés.

Nous faisons allusion à la marque de la tête et aux zébrures.

Tête : «... La figure présente cette particularité d'avoir un côté noir et l'autre tantôt rouge, tantôt lavé de gris ; la séparation des couleurs s'effectuant sur le milieu de la tète...

«... La tête est partagée en deux parties bien distinctes, l'une bien franchement noire. M. NAUDIN.

« Ce lapin a souvent, comme particularité, d'être marqué différemment sur la moitié de droite et sur la moitié de gauche.  Chasse et Pêche 1898-1899.

«... Il arrive, par exemple, que l'un des côtés de la tête est d'un noir brillant, tandis que l'autre est clair. La démarcation des couleurs est tellement nette qu'on la croirait tracée à la règle...» Mentor Agricole. 1896.

Nous attachons une très grande importance à cette marque de la face, sans toutefois nous rallier à cette exigence de quelques amateurs : «... Si le mâle a le côté gauche de la tête noir, la femelle doit avoir, elle, le côté droit de celte couleur. » V. Revue Avicole.

Zébrures : «... Le dos étant plutôt zébré... Le dos zébré de bandes noires et roussâtres...» M. NAUDIN.

« ... Le noir est constitué par des charbonnures formant deux, trois, ou plus, larges zébrures transversales sur le dos et descendant sur les côtés...») Sic MM. MÉGNIN, BRULHART.

Nous demandons que ces zébrures soient bien accentuées, aussi franchement noires que possible, sans mélange de poils jaunes ou orange, comme au contraire les intervalles jaunes, orange qui les séparent doivent être exempts de poils noirs.

Mais le noir des zébrures empiète souvent sur le rouge orange des intervalles ; dès lors la robe prend une couleur foncée d'un aspect absolument désagréable.

Enfin, nous l'avons dit, le blanc est exclu : donc pas de taches, pas même de poils de cette couleur égarés dans la robe ; le ventre lui-même n'échappe pas a la proscription :

« Le dessous n'a pas de blanc, mais seulement une couleur jaunâtre lavée. » MM. MÉGNIN, de FOUCAULT.

Défauts
1 - Type.
Grands Japonais :
formes défectueuses, tête énorme,

oreilles démesurées, épaisses, tombantes, taille excessive,

fanon, poil grossier etc.

Petits Japonais :
corps allongé, oreilles dépassant 9cm

poids supérieur à 2 kg 500.

2 - Couleur.
Taches ou poils blancs ; ventre blanc.

Nuances indécises, pâles ; confuses.

Marques d'un noir mat, insuffisamment lustré; parsemées de poils colorés.

Extension exagérée des zébrures; aspect noirâtre de la robe.

Caractères moraux
Les femelles ont généralement de 6 à 10 petits : « elles sont excellentes nourricières pour leurs jeunes, tellement soigneuses qu'on ne pourrait mieux désirer. II est donc particulièrement à recommander de laisser les jeunes

auprès de la mère durant au moins huit semaines.

« Le Japonais est vigoureux : de deux nichées, l'une de 6, l'autre de 7, M. CAGMANN, éleveur Suisse, n'en a perdu aucun, quoiqu'elles soient venues l'une en Octobre et l'autre en. Novembre par une température assez rude. » Mentor Agricole 1896.

« La petite espèce fournit de très jolis animaux, plus vifs, plus alertes, plus sauvages que les autres, très rustiques, se multipliant beaucoup. Leur seul défaut est d'être un peu trop batailleurs ; passé trois mois, les jeunes s'entre-tuent infailliblement lorsqu'on les laisse ensemble...» M. de HAUTE-CLAIRE.

Reproduction
1° Age des reproducteurs.
Il varie suivant qu'il s'agit des petits ou des grands Japonais. Pour les petits, il suffit de suivre par analogie les indications que nous avons données pour le Hollandais, le Polonais. Pour les grands au contraire, dont le développement est plus long, l'âge de huit mois à un an nous paraît indispensable.

2° Choix des reproducteurs.
La qualité essentielle est évidemment la couleur, mais le type est aussi très important.

Aujourd'hui, nous l'avons dit, le type du grand Japonais est absolument défectueux ; à proprement parler, il n'existe pas; autant de sujets, autant de formes diverses : aussi les éleveurs, manquant de points de comparaison, ne savent-ils comment choisir leurs reproducteurs et diriger leur élevage.

« ... il y aurait donc nécessité, comme le dit M. NAUDIN, pour la Société Nationale d'Aviculture de s'appliquer à établir et à créer un type idéal, auquel il serait facile de comparer les sujets présentés dans les Concours ; les exposants pourraient alors savoir et comprendre qu'elles sont les qualités à acquérir et les défauts à éviter...» M. NAUDIN. Revue Avicole.

Loin de vouloir nous arroger le droit d'édicter seul le Standard du grand Japonais, constatons avec MM. NAUDIN et VOITELIER que les spécimens actuels pèchent surtout et par leur grosseur et la vulgarité de leurs formes...

En choisissant des reproducteurs exempts autant que possible de ces défauts, les amateurs verront leurs produits s'améliorer rapidement, et s'acheminer peu à peu vers la correction.

Le petit type est assurément plus parfait et il est relativement facile de trouver de bons reproducteurs.

Pour nous, qui voudrions que le petit Japonais ressemblât au Hollandais, nous conseillons les formes courtes, les oreilles petites et bien droites...

Le croisement des deux variétés peut-il donner de bons résultats?

Il profitera peut-être aux grands Japonais (Cp. croisement du Brabançon avec le Dutch), mais nous craignons qu'il ne soit préjudiciable au petit type (Cp. Noir et feu).

« En croisant les deux espèces, on peut obtenir des sujets plus gros et plus prolifiques. Je me trouve très bien de ce croisement que j'ai opéré ici...» et M. de HAUTE-CLAIREdont nous ne contestons pas les expériences et leurs résultats ajoute : «  En outre les lapins sont tachés de blanc, ce qui est très joli...»,  ce qui est affreusement laid, dirons-nous.

Les reproducteurs, le mâle surtout, doivent être d'une couleur irréprochable...

« Généralement les animaux foncés sont les mâles, tandis que les clairs sont des femelles..... » Mentor Agric. Nous n'avons pu vérifier cette assertion.

Rejetez sans rémission tous les sujets qui ont des taches blanches, le ventre blanc, voire même des poils blancs disséminés dans la robe.

Excluez les nuances indécises, le gris, le bleu ; adoptez plutôt le jaune, l'orange, couleurs typiques.

Exigez que les couleurs soient vives et brillantes.

Enfin, tenez surtout aux marques, tête et zébrures ; qu'elles soient très noires et bien distinctes.

Les Jeunes
« Le lapin japonais n'est qu'un simple lapin commun; cela est bien prouvé, car il est constant que dans chaque portée on trouve des petits de couleur unie, gris, blancs, fauves, quelquefois noirs...... M. NAUDIN.

Le cas est assez fréquent, nous en convenons, car la race n'est peut-être pas encore suffisamment fixée, mais, en général, les  éleveurs ont à se reprocher le peu de soin qu'ils mettent à choisir les reproducteurs ; ils en ignorent le plus souvent le pedigree et se soucient fort peu des croisements étrangers qui ont pu changer le sang et dénaturer l'espèce.

Quand la sélection a été rigoureuse, bientôt les petits unicolores diminuent et tous ne tardent pas à naître avec les couleurs caractéristiques de la race.

On doit inspecter le nid après la mise-bas, car des ce moment les nuances sont suffisamment, apparentes.

« Tout particulièrement amusants et vifs sont les jeunes à l’âge de 3 à 6 semaines. Une telle vivacité n'a pas encore été observée chez aucune race de lapins. Comme des flèches, ils traversent leur demeure ; si un jeune attrapé échappe aux mains de son maître, il fait un bond d'un mètre pour se sauver auprès de sa mère si soigneuse. » Mentor 1896.

Nourriture
« Leur nourriture est celle des lapins ordinaires. Du soi-disant « demi-lait » (ils prennent naturellement aussi du lait pur» ---- cela, nous le croyons sans peine --- avec des restes de pain est une friandise pour eux. Cependant ils ne dédaignent pas les racines et une botte de foin. » Mentor Agricole 1896.

Observations diverses
A titre d'essai, nous avons opéré avec le Japonais les croisement suivants :

1°  Mâle hollandais écaille avec femelle japonaise; tous les petits présentaient les marques blanches du dutch ; deux étaient de la couleur de la mère, les autres possédaient la robe fauve et noire du mâle.

2° Mâle  japonais et femelle noire et feu ; tous les petits étaient des black and tan  (29 janvier 1900).

3° Mâle bleu et feu et femelle japonaise ; trois petits seulement : l'un de couleur japonaise avait des nuances bleues d'un reflet tout particulier. C'est là assurément le résultat de nos expériences que nous jugeons le plus intéressant.

Standard initial du Japonais
Ce descriptif est le premier standard du Japonais. Il est extrait ici d’un ouvrage de 1927, intitulé STANDARDS,  édité par la Société Française de Cuniculiculture (S.F.C).

Les éleveurs spécialistes :  MM. VANDAMME, DESREUMAUX, GANTIER  et GUÉRIN, ayant été consultés, la Commission des standards composée de Mme la Vicomtesse du BERN de BOISLANDRY présidente, de MM. MESLAY, René SAUTON, René CAUCURTE, H. ESTIOT, a établi le standard suivant qui fut accepté à la réunion du comité du 22 avril 1914 et qui fut homologué par la Fédération Nationale des Sociétés d'Aviculture de France, le 31 octobre 1919  (Rapporteur : M. Eugène MESLAY).

Type : Corps bien charpenté, râble large, charnu, ossature légère.

Tête : Moyenne.

Oreilles : Longueur de 7 à 10 cm, plutôt étroites; généralement serrées l'une contre l'autre; parfois librement ouvertes.

Pattes : Petites fines.

Poil : Fin court, brillant.

Poids : 2,500 kg à 3,500 kg.

Couleur : Écaille autrement dit jaune, orange, noir sans blanc, le ventre a une nuance jaunâtre lavé.

Le rouge et l'orange peuvent être répartis de la manière la plus variée sur tout le corps, mais le noir doit exister nécessairement sur certaines parties déterminées.

a) La tête est partagée en deux parties distinctes dont l'une est d'un noir brillant, tandis que l'autre est claire. La démarcation des couleurs sur le milieu de la tête doit être absolument nette, comme tracée à la règle.

L'oreille opposée au côté noir de la tête doit être Jaune, orange inversement, celle opposée au côté clair de la tête doit être noire.

b) Le dos est zébré de bandes noires, transversales, au nombre de deux ou trois. Ces zébrures sont aussi franchement noires que possible sans mélange de poils Jaunes ou oranges, comme au contraire, les intervalles Jaunes, oranges qui les séparent sont exempts de poils noirs

Défauts:

1° Formes très longues.

2° Oreilles dépassant dix centimètres.

3° Poids supérieur à 3,500 kg.

4° Taches, poils blancs, ventre blanc, nuances indécises, pâles, absence de marques, démarcation irrégulière de la tête, défaut de zébrures, extension exagérée des zébrures, etc...

Échelle des point:

Couleur générale

30

Marque de la tête

25

Zébrures

25

Type

10

Poids

5

Condition

5

100

Le Japonais aujourd'hui

Caractéristiques essentielles à rechercher
- Poids idéal  3.500 à 4.250 kg.

- Corps robuste et assez arrondi.

- Fourrure suffisamment dense, assez rigide. Les poils recteurs de bonne épaisseur sont discrets pour conserver aux marques leur netteté de contour .

- Couleur noir et jaune orange de tonalité soutenue. La répartition des deux couleurs doit être la plus équilibrée possible. Plus la délimitation et la pureté des couleurs sont nettes, plus le dessin particulier est mis en valeur.

- Le dessin de la tête doit se rapprocher le plus possible du schéma dit en croix, avec une délimitation nette sur le chanfrein.

- Le dessin du corps doit se rapprocher le plus possible du dessin à damier, avec un mini de 3 bandes verticales sur chaque côté. La disposition des zébrures est alternée au niveau de la ligne dorsale.

Défauts fréquemment rencontrés
- Développement musculaire insuffisant.

- Fourrure manquant de densité.

- Couleurs pas assez soutenues

- Dessin flou.

- Prédominance d'une couleur.

- Grande surface unicolore.

- Quelques poils blancs dans les marques.

- Bordure des oreilles mêlée.

- Ongles dépigmentés.