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Les Races Articles généraux

Articles généraux

Image Jacques ARNOLD         
Races et réalités    Jacques ARNOLD  (1973)

  

La multiplicité des races cunicoles, et leur large diffusion en Europe incitent à penser que la notion de race a conservé un certain intérêt et un attrait certain à une époque où le croisement est trop souvent devenu un mot magique qui, comme tel, conduit fréquemment à des désenchantements, quand il est pratiqué inconsidérément ou à mauvais escient.

 

Devant les nombreuses vocations que suscite l'élevage du lapin de race, et ce malgré un environnement trop souvent peu favorable à l'entretien d'un clapier, il nous est apparu utile, non pas de faire l'apologie des races et de leur exploitation selon une vieille habitude sans portée constructive, mais d'essayer de situer ce que représente exactement le maintien et le perfectionnement des races, qui sont constituées par un nombre important de reproducteurs capables de perpétuer un ensemble cohérent de qualités pratiques.

  

Ceci revient à expliciter la notion de race, en suivant son évolution dans le temps, pour mieux saisir son interprétation actuelle la plus efficiente et donc la plus favorable à la vitalité de son expression.

 

 

  

Quelques définitions
Parmi de nombreux textes écrits à différentes époques, nous avons retenu quelques définitions qui nous ont paru suffisamment actuelles et élaborées pour permettre de saisir convenablement le sens réel de ce que représente une race.

  

Il y a quelques années, l'inspecteur général d'agriculture, E.Quittet a écrit, dans la Revue de l'Elevage, plusieurs articles particulièrement perspicaces et accomplis sur cette question, dont nous extrayons la définition suivante : « La race est, au sein d'une espèce, une collection d'individus ayant en commun un certain nombre de caractères morphologiques et physiologiques qu'ils perpétuent lorsqu'ils se reproduisent entre eux ».

  

Ainsi que le souligne ensuite l'auteur, cette définition renferme une certaine subjectivité, car selon les caractères envisagés, le groupe d'animaux appartenant à une race est plus ou moins étendu. Cela met toutefois bien en évidence la nécessité d'une description des caractères de race pour circonscrire le groupe (standard) avec extension vers un pointage de caractères d'élevage sous forme de performances minima à atteindre pour justifier l'appartenance à la race. Ceci est pratiqué actuellement par les associations d'élevage des grandes espèces d'animaux domestiques.

  

Il y a lieu de s'arrêter un moment sur le verbe perpétuer contenu dans la définition précitée. Si les caractères qui ont permis de classer des animaux dans un ensemble d'aspect semblable ne se perpétuent pas chez leurs descendants à un degré d'expression assez prononcé, il n'y a pas de race au sens réel du mot. E.Quittet insiste sur ce point dans son exposé avec juste raison. Et, déjà en 1896, dans une étude prémonitoire, les Professeurs Baron et Dechambre s'étendaient sur l'indispensable obligation de ne pas confondre race et type.

  

Voici ce qu'écrivaient ces auteurs à ce sujet : « Créer la race d'un type, c'est amener celui-ci à une manifestation permanente et ininterrompue dans la descendance, en partant d'un état de choses tout différent dans lequel le type ne se montre que de loin en loin, sans régularité susceptible de prévision et d'exploitation. Tant qu'un type, si défini et si reconnaissable soit-il n'est qu'à l'état erratique, il n'est le type d'aucune race; et si plus tard, il se forme une race de ce type, ce sera l'oeuvre d'une sélection ».

  

Combien ces phrases devraient-elles être méditées actuellement dans la cuniculture française, plus spécialement par certains manipulateurs d'accouplements à la volée qui caricaturent d'abord la notion de souche, puis désirent transformer tout de go des types déjà mal définis en nouvelle race !

  

Cette reproductivité de caractères implique la formation d'un ensemble génétique cohérent au sein d'une population qui se veut race, pour lui permettre de se perpétuer dans sa descendance. C'est ce que fait ressortir clairement une autre définition de la race donnée par la F.A.O. dans son bel ouvrage sur les bovins d'Europe : « Groupes d'animaux domestiques de la même espèce dans lequel les individus sont suffisamment voisins du point de vue génétique, pour être distingués aisément d'autres animaux ou ensemble d'animaux ».

  

Cette définition plus récente (1967) rassemble également l'expression des caractères et leur transmission. Le décret d'application N° 69667 du 14-6-69 de la Loi sur l'Elevage nous apporte cette fois des précisions officielles sur la validité du mot race. A l'article 2 - Titre 1, nous lisons : « Pour pouvoir être reconnue, une race doit recouvrir un ensemble d'animaux d'une même espèce présentant entre eux suffisamment de caractères communs : Le modèle de race est défini par l'énumération de ces caractères héréditaires avec indication de leur intensité moyenne d'ex­pression dans l'ensemble considéré ».

  

Retenons ici tout particulièrement le terme d'intensité moyenne d'expression, qui rappelle qu'il existe toujours au sein d'une population raciale une relative variabilité expliquant son évolution dans le temps et laissant la sélection s'opérer sur elle, ce qui la distingue d'une lignée pure.

  

Pour compléter ce qui précède, ajoutons que le décret susmentionné définit également la variété, en tant qu'éventuelle ramification engendrée par la race. C'est : « la fraction des animaux d'une race que des traitements particuliers de sélection ont eu pour effet de distinguer du reste des animaux de la race ; selon les espèces, une variété peut être accessoirement qualifiée de rameau. type ou lignée ». Nous n'hésitons pas à y ajouter le mot souche sous sa véritable signification.

  

Il nous paraît que ces quelques définitions permettent d'aborder les problèmes inhérents à l'élevage des animaux dits de race avec des données délimitant l'action entreprise ou à entreprendre, tant pour leur mise au point que pour leur conservation ou pour leur développement.

  

Voyons en premier lieu maintenant comment les races émergent d'un peuplement commun.

 

 

 

Formation des races
C'est tout d'abord à Darwin que nous donnons la parole. « La nature fournit des variations successives, l'homme les accumule dans certaines directions qui lui sont utiles ». Puis, l'auteur de l'Origine des Espèces poursuit : « Un homme conserve et fait reproduire un individu qui représente quelque légère déviation de conforma­tion ; ou bien il apporte plus de soins qu'on ne le fait d'ordinaire pour apparier ensemble ses plus beaux sujets ; ce faisant, il les améliore et ces animaux perfectionnés se répandent lentement dans le voisinage. Ils n'ont pas encore un nom particulier ; peu appréciés leur histoire est négligée. Mais si l'on continue à suivre ce procédé lent et graduel, et que, par conséquent, ces animaux s'améliorent de plus en plus, ils se répandent davantage, et on finit par les reconnaître pour une race distincte ayant quelque valeur ; ils reçoivent alors un nom probablement de province ». On ne peut rester insensible à ce cheminement descriptif qui a plus d'un siècle, et demeure toujours valable. Retenons plus spécialement le rôle imparti à l'homme dans la formation des races. La notion de temps n'est pas non plus à mésestimer, ainsi que le fait ressortir nettement Darwin quand il parle de procédé lent et graduel, et lorsqu'il écrit aussi : « Nous ne pouvons supposer que toutes les races ont été soudainement produites avec toute la perfection et toute l'utilité qu'elles ont aujourd'hui ». Ce qui s'avère toujours plus manifeste au fur et à mesure que les progrès accomplis éloignent les races de leur type primitif.

  

Arrêtons-nous quelques instants sur le rôle considérable de l'éleveur en sélection animale. Nous y avons déjà insisté dans d'autres publications, mais il nous paraît bon de revenir sur le fait que le perfectionnement des méthodes zootechniques modernes et éprouvées, la connaissance toujours plus approfondie des mécanismes génétiques, l'exploitation de données étoffées sur un plus grand nombre d'animaux contrôlés, ne constituent que des moyens améliorés, des outils d'intervention de plus en plus affinés mis à la disposition de l'homme pour lui permettre de maîtriser davantage sa technique d'animalier. C'est bien à lui, éleveur-sélectionneur, qu'il revient en dernier lieu de prendre les décisions et d'assumer ses responsabilités pleines et entières tant dans le choix des reproducteurs que dans celui des accouplements. Tous ces moyens de travail élaborés qui permettent de mieux connaître aujourd'hui que jadis les animaux, et d'approcher de plus près leur potentiel héréditaire doivent en outre être complétés par des rapports étroits entre l'homme et l'animal. C'est assez dire qu'une présence aussi fréquente que possible de l'éleveur dans son élevage et au milieu de ses animaux demeure toujours aussi indispensable. Il reste, en effet, des faits d'observation courante, en particulier des attitudes de sujets isolés ou groupés, qui ne se chiffrent pas, et même se décrivent souvent mal. Quand ils réclament en outre une intervention immédiate, cela exclue d'emblée le temps normal de traitement de l'information imparti à toutes données enregistrées.

  

Les qualités d'observation de l'animalier exigent donc aujourd'hui comme hier un temps minimum d'application quotidienne. Il ne s'agit pas là de zootechnie contemplative, comme d'aucuns l'ont écrit avec un dédain mal venu, mais bien d'une opération qui ne souffre jamais d'être différée, parce qu'elle n'a pas encore pu être remplacée.

  

N'oublions pas, du reste, qu'à une époque déjà lointaine où l'esprit d'observation et l'expérience personnelle constituaient les seuls éléments de manoeuvre pour tout éleveur, de belles réalisations ont vu le jour, et plus particulièrement la mise en forme de la plupart des races cunicoles connues actuellement. Si l'on conçoit facilement aujourd'hui qu'une telle oeuvre ne pouvait s'accomplir que lentement et graduellement, comme l'a écrit Darwin, avec des moyens qui nous paraissent extrêmement limités, il faut tout de même savoir que le temps d'une mise au point d'ordre biologique, ainsi qu'il ressort d'un perfectionnement racial, ne saurait être raccourci proportionnellement aux moyens techniques dont nous disposons présentement. Ceci pour plusieurs raisons.

  

Primo, parce que malgré l'approche beaucoup plus fine de la connaissance d'un génotype, il s'agit bien d'une approche portant sur un complexe factoriel dont l'analyse est loin d'être exhaustive. Lors de la fécondation les cellules sexuelles, qui peuvent avoir des valeurs héréditaires différentes chez un même sujet de par la dissociation et la répartition au hasard des chromosomes groupés au préa­lable par paires homologues, se fusionnent ensuite au hasard des rencontres, et comme les possibilités de combinaison sont multiples alors qu'une seule d'entre elles va émerger chez le futur animal à naître, il ressort clairement que nos procédés de sélection les plus élaborés d'aujourd'hui laissent encore une certaine incertitude planer, quant à l'obtention de tous nos desideratas dans la descendance de nos géniteurs. Pour circonscrire le plus possible cette indétermination naturelle, il convient de multiplier les accouplements les mieux étudiés et de réduire l'intervalle des générations, afin d'obtenir le plus grand nombre de combinaisons génétiques adéquates. C'est assez dire que les résultats à attendre d'animaux dont on connaît mal les possibilités de reproduction sont tout simplement du domaine du Dur hasard, et ne peuvent plus être pris en considération de nos jours. La complexité de l'acte de procréation doit non pas nous décourager, mais nous inciter à nous équiper matériellement et techniquement toujours davantage pour mieux le maîtriser.

  

Secondo, parce que la sélection contemporaine porte sur un plus grand nombre de caractères que jadis, notamment en ce qui concerne les caractères d'élevage, et parce que le critère d'homogénéité au sein d'un troupeau est une notion assez nouvelle qui s'est substituée progressivement à celle du champion individuel d'autrefois. Comme cette homogénéité, aussi relative soit-elle, est désirée au plus haut niveau de sélection atteint, et que le progrès se veut continu sans régression même temporaire au cours d'une génération, on conçoit la difficulté du travail de sélection qui s'impose alors et qui, il faut bien le dire, ne tient souvent plus assez compte des réalités biologiques de l'élevage.

  

Tertio, le mode de vie des éleveurs contemporains, à supposer que tous les perfectionnements techniques mis à leur disposition soient utilisés par eux, ne leur assure pas une aussi grande disponibilité vis-à-vis de leurs animaux que celle consentie par leurs prédécesseurs. Ceux-ci, par ailleurs plus obstinés et plus endurants, acceptaient toutes les contraintes et les plus durs sacrifices pour aboutir à un résultat qui était un, sinon l'objectif de leur vie. Ils vivaient vraiment pour l'élevage, ce qui leur permettait de venir à bout de bien des difficultés, malgré une compétence et des moyens d'investigation limités à la pratique courante de l'élevage.

  

Toutes ces raisons, qui constatent des faits plus qu'elles ne les critiquent, suffisent amplement à démon­trer que si l'éleveur est plus équipé techniquement que jadis, il ne peut raccourcir considérablement le temps imparti à une obtention de race nouvelle ou à un perfectionnement racial déterminé.

  

Ajoutons quelques mots sur les accidents de parcours qui ont pu retarder encore le processus régulier d'édification d'une population raciale. Ceux-ci ont été du à des causes diverses : Mort du maître d'oeuvre avec dispersion n'importe où du matériel de reproduction, ce qui revient à une mort génétique de patrimoines héréditaires lorsqu'ils deviennent anonymes ; guerre ou sinistres avec destruction plus ou moins complète de cheptels de reproduction, etc... Toutes ces circonstances ne peuvent que ralentir, voire stopper le travail de plusieurs années, et bien souvent, au hasard des espèces, certaines populations n'ont dû de survivre qu'aux efforts à peine croyables faits par des personnalités de l'élevage pour les protéger en tout ou en partie de toutes ces formes d'agression. Il y a eu parfois de véritables actes d'héroïsme de la part des hommes pour sauvegarder des animaux de reproduction particulièrement intéressants. Il faut aussi mentionner tous les mouvements de population humaine ou animale qui ont peut-être occasionné des croisements accidentels, retardant alors involontairement la mise en forme d'un matériel génétique.

  

Tout ceci étant admis, on peut maintenant résumer la marche générale d'obtention d'une race nouvelle ou tout simplement améliorée par rapport au troupeau d'origine. En voici les principales étapes :

 

1) Obtention à l'aide d'accouplements sélectifs à l'intérieur d'un groupe d'animaux ou par croisements plus éloignés, d'un type s'approchant le plus près possible de l'idéal souhaité (on en est parfois loin).


2) Multiplication entre eux des sujets de type recherché ou s'en approchant sans introduction d'éléments étrangers jusqu'à un certain état d'homogénéisation du matériel de reproduction, de plus en plus perfectionné. C'est une phase très délicate qui demande non seulement la plus grande habileté de la part de l'éleveur mais du courage et de l'obstination. Il lui faut admettre en effet un nombre important de déchets, de par toutes les disjonctions héréditaires qui ne manquent pas de se produire, ce qui est aussi lourd pour sa trésorerie. L'aboutissement peut s'avérer d'une extrême lenteur, et dans les pires circonstances la réussite n'intervient pas, remplacée par l'échec.


3) Quand il y a succès, c'est alors l'isolement des animaux supérieurs, sur lesquels va s'opérer désormais un véritable travail de sélection avec pratique de l'intraculture dans les accouplements. La période des déchets est loin d'être terminée, et les éliminations doivent de plus en plus être draconiennes. Des familles se créent, d'autres disparaissent. La race se façonne dans son potentiel héréditaire. Tout apport étranger à ce stade est nécessairement prohibé, si l'on ne veut pas détruire des années d'efforts. Les qualités de l'éleveur évoquées pour la phase 2 doivent bien entendu s'affermir toujours plus.


4) C'est la période de promotion de la race. Selon la qualité des points d'élevage, celle-ci se répand plus ou moins bien. C'est assez dire que pour la promouvoir correctement, il ne suffit pas d'assurer sa diffusion, encore faut-il savoir la défendre et contrôler sa sélection. Les associations d'éleveurs jouent alors un rôle prépondérant pour faciliter l'essor d'une race et soutenir sans relâche l'oeuvre d'amélioration génétique menée par ses sélection­neurs.

  

Voyons de quoi il retourne plus précisément.

 

 

 

Promotion des races
L'époque où il suffisait à un individu de clamer bruyamment que sa race de prédilection était la meilleure et que toutes les autres n'étaient que des rebuts de l'espèce, a passé. On ne peut apprécier ou condamner davantage une race en fonction de son origine géographique. Ce sont là des affirmations sans aucun fondement qui, fort heureusement, ne retiennent plus l'attention de personne dans le monde de l'élevage. La valeur d'une population raciale ne se juge pas davantage sur quelques échantillons choisis parmi ses meilleurs représentants, mais sur son niveau génétique moyen par rapport à des objectifs fixés.

 

 Promouvoir une race, c'est la maintenir à un haut niveau de sélection en aidant à la multiplication des meilleurs types en vue d'une homogénéisation de plus en plus grande de l'ensemble de ses représentants, ce qui permet d'améliorer son niveau génétique moyen, et d'assurer sa meilleure diffusion dans des conditions déterminées. Cela revient à accroître le nombre de géniteurs qualifiés devant satisfaire à des critères morphologiques (caractères de race) et physiologiques (caractères d'élevage), qui doivent être définis clairement. C'est d'abord la fonction des standards qui doivent décrire le prototype idéal de la race, afin de permettre aux éleveurs de s'en rapprocher le plus possible et aux experts de sanctionner valablement les animaux soumis à leur appréciation. L'élaboration d'un standard n'est pas à la portée de n'importe qui, mais de personnalités compétentes sachant faire ressortir les points primordiaux caractérisant une race avec des termes appropriés. L'éleveur doit pouvoir en saisir les grands traits, et apprécier les limites de variation de chacun des caractères décrits Pour utiliser au mieux ses reproducteurs. Les standards ne sont pas forcément immuables, et font l'objet d'une appréciation permanente et objective de la part des experts et des responsables d'association pour être toujours en accord avec l'orientation et le degré de perfectionnement de la race. Leur rôle de guide est ainsi constamment assuré.

  

 La fixation de critères de production que sont les caractères d'élevage, qui complètent les standards ou les caractères de race sont codifiés, doit être basée, non pas sur des performances très élevées accomplies par de très rares animaux de pointe dans des conditions d'élevage particulières, mais correspondre à des objectifs abordables dans des conditions d'exploitation courantes, et économiquement acceptables. Il ne faut jamais oublier que les animaux de race doivent manifester leurs aptitudes dans un milieu moyen de production, ce qui permet de ne pas surestimer leur niveau génétique par rapport à l'ensemble de la population.

  

Il est aussi indispensable, avant tout autre considération, de n'utiliser pour procréer que des géniteurs sains et capables de reproduire régulièrement le plus longtemps possible. Là encore pour juger valablement les reproducteurs sur leur aptitude fonctionnelle, il y a lieu de les maintenir en équilibre de production dans un environnement approprié et usuel, tant sur le plan habitat que du point de vue alimentation, ou régime de carence aussi bien que menu pléthorique sont à proscrire.

 

La définition des objectifs qui sont assignés à la race, tant en ce qui concerne le type nue pour les diverses performances d'élevage, doit être établie à partir de données réelles, et non selon des estimations hypothétiques qui ne correspondent pas aux possibilités d'expression phénotypiques des génotypes étudiés dans la situation présente, ou même jamais, ce qui relève alors du pur rêve ! Il est bon d'agir très prudemment dans ce domaine et de faire en sorte que des objectifs précis et conciliables avec les possibilités raciales, soient réétudiés périodiquement en fonction du degré de perfectionnement des animaux tout en n'omettant pas d'établir, le cas échéant, de nouveaux critères permettant dans tous les cas aux géniteurs de conserver leur équilibre de production.

 

Tout ceci suppose une étude approfondie et permanente de la race par les responsables de sa promotion avec une parfaite cohérence d'action, l'appui de toutes les compétences, et une coordination de toutes les interventions engagées pour sa propagation et sa défense. Bien évidemment, la sélection doit être orientée dans la même direction par les promoteurs, et par eux seuls. Ce n'est qu'à cette condition qu'une race progresse réellement.

 

Puisque nous parlons de progrès, sachons apprécier ses limites et la vitesse de son cheminement. Ses résultats ne se font sentir qu'à long terme, par une action ininterrompue sur plusieurs générations. Les transformations brutales observées à l'issue de croisements, qu'il s'agisse de corrections ou d'améliorations de caractères, n'ont le plus souvent qu'un effet éphémère et non reproductible, qui ne sied pas au suivi rigoureux de l'évolution des races. Sans ce suivi, c'est-à-dire sans un bilan continuel de l'effectif de reproduction, où intervient le choix des géniteurs et de leurs accouplements, le progrès peut faire place à une régression. Tant il est vrai que dans ce domaine, rien n'est acquis définitivement, et que tout est remis en question à chaque introduction de géniteurs. Il existe un état d'esprit à l'amélioration raciale qui s'acquiert et s'affirme au fur et à mesure que l'éleveur prend pleine conscience de ses responsabilités. Se cacher certains problèmes délicats, détourner certains obstacles qu'il convient de franchir directement. éluder certaines questions en se retranchant derrière des solutions de facilité par paresse, par opportunisme ou même pour des raisons dogmatiques, c'est tout simplement tricher avec le travail de sélection, et en définitive avec l'élevage. Alors qu'il convient au contraire, pour affiner l'oeuvre de sélection et la maîtriser davantage, d'établir entre éleveurs poursuivant les mêmes objectifs des liens de collaboration pour utiliser avec plus de profit certaines méthodes de base, faciliter des échanges d'information, employer plus complètement les services des géniteurs prépotents. En un mot, créer des unités de sélection dont les possibilités d'action ne se comparent pas à celle de l'éleveur isolé.

 

Toute sélection d'animaux de race bien conçue doit conduire à augmenter l'inventaire des potentialités, et à utiliser le plus complètement possible sans gaspillage, les services des meilleurs géniteurs. Rappelons en résumé, pour terminer ce tour d'horizon sur ce que représente la promotion des races, les grandes phases des interventions des éleveurs dans ce domaine

 

1) Identification des animaux : Cela revient d'abord à les inventorier, à les décrire, puis à établir graduelle­ment leur généalogie ; enfin à les apprécier en fonction de leurs caractères de race et d'élevage.
Tout cheptel mal identifié ne peut être ensuite suivi correctement, ce qui entraîne une méconnaissance des capacités de la race qu'il constitue.

 

2) Élimination des animaux défectueux. C'est un tri nécessaire et préalable à toute sélection bien conduite. Plus le taux de sélection est élevé plus la pression de sélection est grande. Celle-ci doit se manifester à chaque génération sur un nombre suffisant d'animaux, ce qui suppose une population importante.

 

3) Détection des animaux supérieurs, c'est-à-dire ayant un certain assortiment de gènes, qui conditionne l'obtention d'une descendance supérieure. Sans ces variants supérieurs, il n'y a pas d'amélioration génétique possible au sein d'un cheptel racial.

 

4) Constitution de familles d'origine éprouvée. C'est la suite logique des opérations de sélection pour façon­ner des pedigrees présentant une probabilité de réussite et aider à la formation des souches. Les études de famille qui sont entreprises à cet effet permettent d'atteindre plus sûrement un certain niveau génétique, et de mieux apprécier des tendances héréditaires.
Arrivé à ce stade de renseignements, une règle s'impose : Ne retenir pour la reproduction que les meilleurs animaux des meilleures familles.

 

5) Utilisation raisonnée des reproducteurs. C'est là le stade ultime de la sélection, et pour l'animalier l'art d'approprier les unions. Certes, le résultat ne peut être prévu avec certitude, mais les chances de réussite sont d'autant plus grandes que l'éleveur connaît bien ses géniteurs et a l'expérience de son troupeau. Il arrive ainsi à situer les limites de variations vraisemblables dans la descendance, et à accroître le pourcentage des probabilités de reconstitutions de combinaisons héréditaires souhaitées dans les produits de ses accouplements. Comme l'a si joliment écrit J.M. Duplan : « Tout éleveur digne de ce nom estime que c'est dans le choix des accouplements que peuvent s'exercer ses connaissances, son intuition, son génie ou plus modestement sa chance ».

 

On en arrive au point où la promotion d'une race consiste à rechercher, et à utiliser intensivement les meil­leurs accouplements pratiqués avec les meilleurs animaux des meilleures familles. Ce qui réclame des animaux, des moyens d'action et des hommes, avec en plus du temps et quelques capitaux pour démarrer et atteindre la période de rentabilité découlant des investissements consentis.

 

 

 

Utilité des races
L'élevage des animaux de race est très discuté depuis quelques lustres surtout chez les espèces à cycle de reproduction rapide, ce qui est le cas du lapin. Dans certaines sphères officielles ou para-officielles il est de bon ton de parler des races cunicoles avec un sourire dédaigneux, ou sous le seul angle d'un conservatoire vu, du reste, d'une façon purement statique qui ne tient souvent que trop peu compte des réalités biologiques. A la décharge de tels courants de pensée, quand ils sont sincères et non simplement mus par des mobiles commerciaux à court terme, il faut bien reconnaître que dans les an­nées qui ont suivi la dernière guerre le milieu cunicole français n'a pas toujours réagi comme il convenait devant les impératifs d'une production utilitaire. Il faut tout de même se garder de généraliser, et ne pas oublier que dans ce domaine comme ailleurs, il a fort heureusement existé des personnes, tant parmi les praticiens que chez des responsables de sociétés, qui ont oeuvré grandement et courageusement pour que des races progressent réguliè­rement aussi bien dans leurs performances d'élevage que dans leurs types.

 

Ce qui compte aujourd'hui, c'est de connaître les possibilités et les limites des races, quand elles sont ex­ploitées correctement par des éleveurs qui utilisent plei­nement tous les moyens zootechniques éprouvés.

 

L'animal de race, rappelons-le, ne peut se situer au sein de son espèce que par rapport au travail de sélec­tion accompli par les hommes qui l'exploite. Issu à l'origine d'une population où la diversité génétique est considérable, la sélection dirigée en fait un groupe de varia­bilité restreinte et orientée dans telle ou telle direction. Au meilleur stade de son perfectionnement, les reproducteurs d'élite représentés par les variants supérieurs d'un troupeau ou d'une unité de sélection groupant plu­sieurs cheptels, tendent à homogénéiser au plus haut niveau l'ensemble des sujets sélectionnés. Mais, dans tous les cas, la variabilité demeure et n'est réduite que par rapport aux possibilités d'expression du peuplement primitif. Elle est remise en cause à chaque génération du fait même du mécanisme de la reproduction, d'où l'apparition de retours ataviques plus ou moins fréquents, voire de ce que nous appelons des déchets, qu'il convient d'éliminer perpétuellement. Comme ceux-ci existent dans les meilleurs élevages suivis depuis longtemps en généalogie contrôlée, on conçoit combien l'apport de reproducteurs étrangers dans un élevage doit se faire avec une extrême prudence, et être considéré au début comme un véritable essai expérimental. Comme l'a si bien écrit le Professeur Lienhart : « Sous les apparences de la pureté raciale la plus grande, se sont conservés à l'état caché dans le patrimoine héréditaire des différents sujets de nombreux éléments héréditaires (gènes) provenant d'ancêtres parfois très lointains ».

 

Il est facile de comprendre alors que lorsqu'un troupeau de sélection est dispersé, par suite de cessation d'élevage, chaque individu qui le compose peut évoluer dans une direction très différente en tant que reproducteur, et aux pires des circonstances, la variabilité s'amplifiant dans la descendance, tout le troupeau peut reprendre sa condition primitive de peuplement originel. C'est pourquoi, toute race n'est jamais pure au vrai sens du mot, et n'a une valeur déterminée qu'à un moment précis, et selon le degré de sélection qu'elle atteint alors dans son ensemble. C'est la surveillance stricte que les éleveurs exercent sur leur cheptel de reproduction qui permet, grâce à la sélection, de stabiliser ou d'orienter des qualités désirables et d'éliminer ou plus souvent de réduire à leur minimum d'apparition certains défauts. Considérées ainsi, les races sont des phénomènes biologiques tangibles, qui remplissent pleinement leur rôle de leader au milieu des représentants d'une espèce d'animaux domestiques. Ainsi que le dit l'Inspecteur Quittet : « La race est l'aboutissement normal et constant des ef­forts d'amélioration d'une population ».

 

De ce qui précède, il ressort que si les races les mieux sélectionnées représentent des groupes de variabilité restreinte et orientée pour des caractères définis, ceux-ci conservent une possibilité de variation d'un sujet à l'autre ; quant aux caractères non soumis à la sélection, ils oscillent dans des proportions bien entendu incomparablement plus grandes.

 

Ainsi, l'unicité biologique est le propre de tous les animaux de race, aussi ressemblants entre eux soient-ils et quel que soit le degré de perfectionnement des groupes de sélection auxquels ils appartiennent. Il faut toujours s'en souvenir quand on pense race, car trop souvent les sujets d'une même race sont appréciés et manipulés comme les représentants d'un stéréotype bien défini apparemment, dont ils constituent des images plus ou moins parfaites. Au niveau de la reproduction, cette façon d'interpréter les accouplements engendre bien des mécomptes dans la descendance. En effet, chaque reproducteur n'est jugé et traité qu'en fonction de ce stéréotype, et non selon son individualité propre. En matière d'amélioration génétique, c'est tout simplement désastreux, car cette interprétation typologique incite à la pratique de la multiplication de masse, c'est-à-dire à l'appariement de hasard total entre n'importe quel sujet dit standard. parce qu'apparemment le couple ainsi formé représente l'image du type racial idéal. C'est cette façon de procéder, chez certaines personnes élevant superficiellement des lapins de race, qui a contribué à discréditer grandement la notion de race, en détériorant éventuellement les capacités génétiques de populations en voie de perfectionnement. C'est également en partant de cette conception par trop simplificatrice et sans nuance, que les concours traditionnels n'ont pu trop souvent mettre en évidence ou parfois même voulu imposer comme reproducteur suprême, que les champions de beauté, dont la descendance s'est avérée si souvent décevante.

 

Trop fréquemment mal positionnée dans son véritable contexte biologique, la race a suscité des espérances mal fondées qui ont abouti à des désillusions non justifiées, créant ainsi des attitudes anti-races dont la virulence traduisait en fait la méconnaissance des phénomè­nes biologiques et des aspects zootechniques généraux inhérents à l'élevage. Ce genre de réactions parfois explosives a installé sur un piédestal le croisement, en tant que remède miracle à toutes les imperfections dues aux animaux de race. Là encore la pratique du croisement n'a pas répondu à tous les espoirs, et a même provoqué des découragements rapides parce que trop souvent son fondement était erroné. Il y a lieu de bien préciser que la sélection raciale et le croisement sont des techniques d'élevage complémentaires et qui réclament toutes deux des études préalables des cheptels de reproduction. Il n'y a pas de solution miracle, ni avec des animaux de race, ni avec des issus de croisement. Il faut utiliser chacun d'entre eux à des fins bien précises, selon leurs possibilités estimées et en fonction des objectifs fixés et réali­sables.

 

Comme on ne peut parler de race sans évoquer le croisement, il convient de s'arrêter un moment sur ce dernier, pour mieux en saisir la portée. Pour bien comprendre ce à quoi le croisement correspond, distinguons ses principales catégories :

 

1) Le croisement que nous appelons créatif - C'est celui qui est à l'origine de nombreuses races obtenues soit à partir d'une population primitive dite commune. à grande variabilité génétique, soit, après appariements de représentants de diverses races entre eux. Dans tous les cas, le processus est celui indiqué plus haut aux premiers stades de la formation des races. Les potentiels héréditaires des sujets de départ sont suffisamment différents pour provoquer de multiples disjonctions dans la descendance et donc de nombreux déchets. Avant d'arriver à l'obtention d'une nouveauté assez stabilisée pour que le nom de race puisse être avancé il faut du temps, de l'argent et des moyens techniques judicieusement utilisés par de vrais sélectionneurs. Le croisement créatif, utilisé également pour apporter à une race un ou plusieurs caractères d'une autre race, suit les mêmes règles. C'est dire que, de toute façon, il ne constitue qu'une étape de toute une mise au point délicate, qui ne peut être réalisée par n'importe qui n'importe comment avec n'importe quoi. Croire que des peuplements, dont l'hétérogénéité est à ce point flagrante qu'elle apparaît grossièrement dans le type d'animaux qui se parent du titre de souche et qui ne sont en réalité que des issus de croisements alternatifs répétés, deviendront dans un temps plus ou moins rapproché des races au sens réel du mot, c'est faire preuve d'une folle présomption ! Cela n'aboutit qu'à voir se mul­tiplier des caricatures de race, qui portent un préjudice énorme à l'élevage de races véritables.

 

2) Le croisement dit de retrempe ou « apport de sang nouveau » ne mériterait pas d'être cité en temps que pratique sérieuse d'accouplement, s'il n'avait servi de cheval de bataille à de vieux chroniqueurs pour qui l'évaluation du « pourcentage de sang » chez un animal permettait de bien augurer de son avenir de géniteur ! En fait, le succès de ce type de croisement était uniquement du à l'effet d'Hétérosis (vigueur hybride) en première génération quand il se produisait, alors que son utilisa­tion a toujours été désastreuse pour les générations ultérieures, de par les disjonctions héréditaires qui en résultaient. Combien d'années de sélections laborieuses ont été ainsi rapidement mises à néant ; combien de vraies souches minutieusement façonnées par des générations de praticiens ont été de cette façon détruites ! En 1955. dans un article parti dans « Lapins et Lapereaux » sur la no­tion de souche, nous avons lancé un véritable cri d'alarme sur cette pratique du croisement et du surcroisement à l'intérieur de la race. A près de vingt ans de distance, nous ne pouvons encore que mesurer avec tristesse l'ampleur des dégâts provoqués dans la cuniculture par de tels croisements accomplis la plupart du temps systéma­tiquement et aveuglément sur des cheptels entiers. Quant, à l'intérieur d'une population raciale, des sujets de souche ou de famille différente sont accouplés entre eux, il est indispensable d'en connaître l'origine et les aptitudes, et de contrôler si la descendance obtenue correspond dans son ensemble au but recherché, comme on doit le faire également au cours des accouplements en famille. Mais en aucun cas, on ne doit procéder sans connaissance des reproducteurs, pour la seule satisfaction de l'esprit de « rafraîchir le sang » ! Ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels que l'on utilise des géniteurs d'autres races pour croiser avec les derniers représentants d'un groupe racial en voie de disparition, dans le seul but de sauver ce dernier. Cette opération procède alors du croisement créatif, et suit les étapes suivantes de la mise au point d'une race. Tout cela n'a rien à voir avec la pratique sauvage d'un croisement qui n'a jamais retrempé que les plumes de certains chroniqueurs, alors qu'elle a démoli, n'hésitons pas à le redire avec vigueur, de nombreuses souches ou lignées.

 

3) Le croisement d'absorption qui, comme son nom l'indique, consiste à absorber une population par une autre, au bout de plusieurs générations, est en quelque sorte un croisement créatif unilatéral qui suit les mêmes règles. Là encore, il n'est envisageable que lorsque la situation l'exige. Il a surtout été pratiqué autrefois pour faire pénétrer dans des ensembles autochtones des caractères recherchés appartenant à la race introduite, tout en préservant l'élevage des dangers de l'inadaptation. Autant dire qu'avec la diffusion des races actuelles, ce genre de travail n'est plus tellement d'actualité.

 

4) Le croisement dit industriel a été pratiqué depuis fort longtemps dans un but strictement utilitaire, produc­tion d'animaux de boucherie par exemple, et a connu, depuis quelques décennies, une expansion prodigieuse avec les différents hybrides intra-spécifiques. Il est basé sur la recherche du phénomène d'hétérosis, qui, en neutralisant les effets des facteurs létaux ou sub-létaux chez les sujets croisés, leur confère une grande vigueur de constitution et un état physiologique luxuriant. Ceci se complète du fait que pour aboutir au croisement idéal sur le plan commercial, on sélectionne des lignées paternelles et maternelles dont les qualités doivent être complémentaires, et pouvoir se regrouper et s'exprimer chez l'hybride. Quand celui-ci répond à toutes les exigences qu'on attend de lui, nul ne peut contester qu'il est insurpassa­ble. Le tout est de l'obtenir tel que souhaité, régulièrement et en un grand nombre d'exemplaires. Toute tech­nicité mise à part, cela nécessite des structures qui dé­passent de loin les possibilités d'un élevage de taille moyenne, voire assez grande. Tous les travaux sérieux de mise au point effectués sur le maïs ou sur les volailles, prouvent que des capitaux énormes ont été investis pour produire des hybrides commerciaux. La constitution des lignées parentales, le choix des meilleurs accouplements de celles-ci, l'obtention des lignées de réserve, la recher­che constante de nouvelles lignées perfectionnées, nécessitent des expérimentations et une organisation de la production, dignes des grandes firmes industrielles, et des moyens financiers appropriés, susceptibles de supporter, en outre, tous les déchets d'élevage. Ceux qui prétendent le contraire ignorent ce qu'est un véritable hybride chair, au sens que les Anglo-Saxons lui donnent.

 

Bien entendu, le croisement industriel peut donner d'excellents résultats par l'accouplement étudié de deux races différentes. Cette pratique est beaucoup plus abordable, et dépend du choix des races et de leurs souches. Elle suppose l'exploitation rationnelle des races, ainsi qu'il a été indiqué précédemment, et prouve leur.... utilité

 

Dans tous les cas, le produit terminal et ultime du croisement industriel inter-races ou de l'hybridation plus élaborée, ne peut et ne doit être utilisé pour reproduire, en raison de son hétérozygotie telle que des disjonctions multiples, anarchiques et imprévues se produiraient immanquablement dans sa descendance. Cela est bien connu de tous les vrais hybrideurs, mais mérite un nouveau rappel pour les personnes qui, en cuniculiculture, parlent de sou­che, d'hybrides, de croisements, etc..., avec autant d'aisance que de légèreté.

 

 

 

Conclusion 
Par l'accouplement d'un mâle et d'une femelle d'ani­maux domestiques, l'homme recherche depuis toujours à obtenir des descendants possédant certaines caractéristiques déterminées et se reproduisant fidèlement. Il se rend très vite compte des difficultés de réalisation de cette entreprise, et ne parvient à des résultats plus ou moins approchés qu'au bout d'un certain temps et de nombreux essais avec des reproducteurs assez ressemblants les uns par rapport aux autres. C'est ainsi que lentement et graduellement, comme l'écrivait Darwin, les races ont pris corps. Elles sont devenues ainsi, après souvent bien des années, de petites unités isolées du reste de la population d'origine. Ce sont des réalités vivantes qui évoluent dans le temps selon ce que les hommes en font. Elles demeurent un merveilleux tremplin, aujourd'hui comme hier, pour des actions zootechniques les plus affinées.

 

Quand on considère la composition du cheptel cunicole international, on ne peut rester insensible à ce puis­sant potentiel génétique représenté par toutes les races de lapins. Il convient de bien s'en servir, en sachant de quoi il s'agit, et en utilisant les meilleurs moyens d'exploitation.

 

Nous souhaitons simplement que les lignes qui précèdent contribuent à mieux faire saisir aux éleveurs de lapins tout le parti qu'ils sont en mesure de retirer du capital racial qui est à leur disposition. Puissent-ils toujours davantage le perfectionner, et le préserver de toutes déprédations, dans l'intérêt même de la cuniculiculture tout entière.  

Petit Argenté clair

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Pays d'origine : Allemagne
Ascendance : Grand Argenté clair – Petit Argenté noir et Nain noir
Importance : peu répandue en France
Race intégrée dans le standard français édition 2015


Club de race national officiel : Association Nationale des Argentés
Président : Pascal RUMMELIN
140 route d'Épinal - 88220 HADOL
03 29 32 50 31
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Historique et généralités.

Les lapins argentés font partie des plus anciennes mutations connues du lapin domestique. L’on trouve même chez les lapins sauvages, des individus avec une argenture.
Il n’est pas faux de penser que les lapins argentés sont apparus dès le début de la domestication, ou ont même été présents dans les premières populations sauvages qui ont été domestiquées.

Des lapins argentés de petite taille, en provenance d’Angleterre, ont mis pied sur le continent en 1880 et sont arrivés en Allemagne en 1892. Là, ils se propagent de façon exponentielle, et deviennent bientôt la « race à la mode ». Des éleveurs aisés n’hésitaient pas à faire le trajet vers l’Angleterre afin de faire saillir leurs lapins par des reproducteurs anglais.

La race fut mentionnée pour la première fois dans le Standard allemand en 1880, bien qu’elle n’ait pas encore été élevée en Allemagne. Max Berthold a décrit en 1900, pour la première fois, la race.
Entre 1904 et 1906 ont été créés les premiers Clubs de race des Argentés à Leipzig et Gera. Une vingtaine d’années plus tard, toutes les variétés reconnues à ce jour, avaient, sauf le clair, été créées.

Lors de l’exposition nationale cunicole de 1974 à Stuttgart, Le Petit Argenté clair était exposé pour la première fois. Le créateur de cette race était M. GUNDENSCHWAGER de Stuttgart.

Selon son créateur, le Petit Argenté clair est le résultat de croisements entre le Grand Argenté clair, le Petit Argenté noir (type allemand) et des Nains de couleur noir.
L’éleveur s’était fixé un délai de 8 ans pour arriver au but. Malgré quelques déboires, il y est arrivé au bout de 6 années. Ancien éleveur de Grand Argenté clair, il souhaitait avoir un petit lapin avec les mêmes caractéristiques que le Grand Argenté clair.

Le Petit Argenté clair est une petite race. Son standard a été intégré en France dans l’édition 2015, sur la base du texte du standard européen.

Selon des textes d’A. Môller (1978) et du Kaninchenzeitung (10/2009) fournis par Edmund Laumer.
traduction Jeannine Jehl – Montage de la présentation Jean-Jacques Ménigoz.

Recueil des races

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Mise à jour le Lundi, 11 Septembre 2017 09:05
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