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Les Expositions Préparation aux expositions

Préparation aux expositions

La préparation des lapins aux expositions par Jeannine JEHL

 

Après une saison d’élevage, l’automne amène avec lui la période la plus importante d’expositions avicoles ou cunicoles. Chaque éleveur, en inscrivant ses animaux, espère obtenir, sinon le grand prix de l’exposition, du moins la reconnaissance des juges vis-à-vis de son travail quotidien dans son élevage.

 

Il faut tout d’abord préciser qu’une exposition cunicole n’est pas un lieu où l’on amène tout et n’importe quoi, juste pour être présent. Les expositions sont des concours où la perfection phénotypique des lapins, comme leur présentation permettent de valoriser les animaux en compétition.

 

Il est bien entendu qu’un lapin pourra être vendu lors d’une exposition et il est même souhaitable que chaque éleveur mette en vente un de ses animaux afin de faciliter le maintien ou l’essor de sa race, mais l’animal doit être vendu pour ce qu’il est, c’est-à-dire un REPRODUCTEUR.

 

 Exposer un lapin, c’est le soumettre à l’examen d’un juge, qui se basera sur le phénotype de la race, en fonction de son standard. En ce faisant, il confirmera – ou infirmera- par ses notations, l’idée que l’éleveur s’est fait du choix de sa sélection. Sur la carte de jugement des remarques préciseront à ce dernier les qualités à conserver et/ou certains défauts à éliminer. C’est ainsi que d’année en année, un éleveur peut parfaire son élevage de lapins de race.

Image Juges en expertise
Juges en expertise

  

 

Mais un animal, aussi conforme que possible au standard de sa race, peut, s’il n’est pas bien préparé, perdre inutilement des points au moment de passer entre les mains du juge.

  

Les petits conseils suivants s’adressent aux débutants, ou aux éleveurs qui… auraient oublié.

 

Les expositions où l’on souhaite participer dans l’année seront programmées dès l’hiver précédent, car il faut tenir compte de la date de la manifestation pour faire naître ses jeunes afin qu’ils soient au meilleur de leur présentation lorsqu’arrive le moment crucial d’être soumis à l’œil expert des juges. Pour les nouveaux éleveurs, il convient de se renseigner auprès d’anciens pour savoir quel est le meilleur âge d’exposition de telle ou telle race, cela se situe en général, en fonction de la taille de la race des animaux, autour de 6-12 mois.

 

Une exposition se prépare longtemps à l’avance. Il faut habituer les lapins à être exposés.
Commencer l’entraînement entre 4 et 5 mois. Objectif apprendre à se tenir avantageusement sur la table. Il faut équiper votre élevage d’un support stable recouvert d’un tapis non glissant.  Un sujet nerveux, qui se débat, qui cherche à sauter de la table d’examen, voir mordre irritera le juge. Un lapin avachi sur la table ne sera pas à son avantage, et risque ainsi de perdre la marche du podium.
Dès leur plus jeune âge il est important de mettre en place une relation de confiance entre l’animal et l’homme et ainsi de diminuer l’émotivité naturelle du lapin.
Pesez-les régulièrement pour suivre leur évolution. Par ce contact régulier, vous pouvez déjà les séparer en mettant de côté pour l’engraissement ceux qui présentent des défauts ou des tares. Habitués à cette prise en mains, les meilleurs seront, au moment du jugement, dans des conditions optimales et se présenteront sans frayeur dans une attitude naturelle, ce qui ne pourra qu’impressionner favorablement le juge.
La distribution de la nourriture est la période la plus propice pour effectuer l’entraînement des sujets. Il faut alors sortir individuellement chaque lapin, sans brusquerie, pour le poser sur la surface de présentation en lui faisant prendre une attitude avantageuse. On profite de cette mise en place pour vérifier les oreilles ; l’aspect sanitaire, leur longueur et la lisibilité de l’identification.

Image mesure oreilles 1    Image mesure oreilles 2
La mesure des oreilles
Positionner la réglette entre les oreilles - Serrer les oreilles contre la réglette -
Maintenir bien verticalement l'ensemble oreilles / réglette.
Avec l'autre main,positionnée à la partie supérieure de la réglette, exercer vers le bas une petite pression. Vous obtiendrez ainsi la longueur exacte des oreilles.

  

 

Après quelques instants, on le saisit fermement d’une main par les oreilles et la peau de la nuque et on le retourne en accompagnant le mouvement de l’autre main par un appui abdominal. Le lapin est alors maintenu d’une main dans la position retournée, inclinée d’environ 45° ; on utilisera l’autre main pour examiner rapidement, comme le fera plus tard le juge, le nez, la dentition, les yeux, les ongles, les membres et notamment les talons, le sexe, la queue. Toujours dans cette position regardez la couleur du ventre et éventuellement sa sous-couleur. Après cet examen, sans relâcher l’étreinte, le lapin est reposé sur ses pattes en s’appliquant à lui faire prendre rapidement la position initiale. Pendant quelques instants, le lapin demeurera dans cette position, profitez-en pour vérifier le type et la conformation, évaluer l’état de la fourrure et examiner la couleur et le dessin. Après une dernière caresse en lissant le poil, le sujet est remis dans sa cage.

Image expertise ventrale
Position d'examen du dessous du corps

  

Quelques semaines avant l’exposition, il convient de pailler régulièrement le clapier. Un lapin élevé sur une litière sale, arrivera à l’exposition avec les pattes et le ventre sale, l’arrière-train souvent souillé d’urine et feutré, les ongles « ornés » de boulettes.

  

Il faut également, durant ce temps examiner votre lapin dans son environnement. S’il est prostré, c’est souvent un signe de maladie. Or un animal malade n’a rien à faire dans une exposition. Un sujet suspect de coryza ou atteint de gale des oreilles sera au mieux mis à l’infirmerie lors de l’enlogement, au pire sera disqualifié par le juge et envoyé à l’infirmerie, mais risque à ce moment là de contaminer tous ses voisins de cage.

  

On ôtera aussi de l’inscription tout sujet amaigri, à l’échine saillante et/ou à croupe osseuse, au dos ensellé, à la poitrine décollée, à l’œil larmoyant, en pleine mue. Evitez également ce stress supplémentaire à une femelle qui vient de finir d’allaiter. Eliminez les sujets aux pattes déviées (en O ou en X), à la queue tordue, aux oreilles tombantes (sauf béliers bien entendu), aux « dents d’éléphants », aux mâles ne présentant qu’un seul testicule ou un pénis fendu.

  

On  n’expose pas non plus des lapins présentant des plaies aux pattes ou des blessures au nez, aux oreilles, aux lèvres ou à la queue, consécutives à des morsures ou autres accidents.

  

Le sujet, propre et en bonne santé, ne présentant aucune anomalie corporelle, et pouvant espérer accéder au tableau d’honneur, sera disqualifié s’il n’est pas identifié. Le tatouage, selon les préconisations de la F.F.C. est obligatoire.
Tatouez assez tôt, avant de séparer les jeunes de la mère si possible. Mais combien de lapins n’ont-ils été tatoués juste avant l’exposition, présentant au juge des oreilles teintées d’encre, et perdant de ce fait de précieux points dans la rubrique soins.

  

Veillez aussi à couper les ongles de vos protégés. Un lapin avec des ongles démesurés (ceci souvent jumelé avec des boulettes y adhérant) est lui aussi pénalisé dans la rubrique soins. Ce n’est pas esthétique et peut être dangereux chez les jeunes lapins aux griffes acérées. Mais cela gêne également le lapin ; ses pattes ne se posent plus à plat sur le sol, tout son poids est supporté par les talons. Sa position et sa présentation deviennent défectueuses. Il est conseillé de tailler les ongles régulièrement au niveau des poils pour éviter tout risque de saignement.

 

Dans les semaines avant la présentation en exposition, brossez la fourrure des lapins. D’abord à rebrousse-poil, pour éliminer les poils morts, les déchets de paille ou de foin, les impuretés. Insistez sur les places où le feutrage est fréquent –arrière-train, dessous des pattes- puis replacez le pelage dans le bon sens avec une brosse douce (un lissage avec les mains de l’éleveur est également possible), cela contribuera à donner du lustre à un pelage pour un animal en bonne santé. Une pincée de graines de tournesol ou de lin, donnée quotidiennement avec l’alimentation pourra encore améliorer ce brillant.

 

Examinez la fourrure pour éliminer quelques poils blancs indésirables avec une pince à épiler. Il n’est pas interdit de supprimer quelques poils blancs – cela s’appelle toiletter le lapin- ôter des touffes entières, ce qui laisse des traces,  est considéré comme fraude et sera sanctionné par le juge ! Avant l’exposition, nettoyez les parties génitales et l’intérieur des oreilles avec un petit chiffon humide ou un coton-tige.

 

Il est conseillé, même pour les premières expositions de l’année, d’attendre que le sujet ait atteint sa taille d’adulte, et possède ainsi le poids exigé par le standard. D’autre part, on évite également de mettre en présentation un sujet trop âgé. Un animal de 3 ou 4 ans peut encore être un bon reproducteur, mais sa place n’est plus dans un concours où c’est la beauté qui prime.

 

Dans tous les cas, contrôlez le poids de vos sujets mis en exposition, il serait ridicule de perdre des points précieux lors du pesage, car le lapin ne rentre pas dans la fourchette des points maximum donnés par le standard.
Il est également important d’évaluer la marge de poids nécessaire pour compenser les pertes enregistrées entre le départ de l’élevage et le moment de la pesée à l’exposition.

 

Lorsque vous inscrivez des animaux à un concours, veillez à en inscrire un nombre moindre que vos possibilités dans votre élevage. Il est toujours bon de garder une ou deux « réserves » pour des remplacements de dernière minute d’animaux qui ne sont pas en parfaite condition d’exposition.

 

 

Pour emmener vos lapins aux expositions, il faut penser au bien-être animal. Les animaux ne doivent pas être transportés dans des conditions telles qu’ils risquent d’être blessés ou de subir des souffrances inutiles. Le transport des animaux doit être une source minimum de stress.

 

 

Les moyens de transport sont conçus, construits, entretenus et utilisés de façon à éviter des blessures et des souffrances aux animaux, et à assurer leur sécurité. Les caisses de transport doivent être de taille (surface, hauteur) adaptée à la race. Elles doivent permettre à l’animal une tenue assise décontractée et de leur assurer un surface suffisante pour qu’ils puissent se coucher aisément.
Les caisses de transport de maniement aisé sont solides, saines et sans aspérités. Toutes les sources de blessures sont à éliminer. Elles sont pourvues d’entrées d’air suffisantes afin de permettre un renouvellement efficace de l’air et de satisfaire ainsi aux besoins vitaux des animaux. Les orifices d’aération correspondent à 30% de la surface de la caisse. Une bonne litière absorbant l’urine leur permet d’arriver propres à destination.
De même une petite friandise pour les longs trajets est à prévoir afin de les pourvoir en eau et nourriture (carotte, petit quartier de pomme, foin, etc.).

 

 

N’oubliez pas d’inscrire, avant de partir, le numéro de la cage d’exposition dans l’oreille des lapins, et ceci sans masquer le tatouage. Cela évitera bien des erreurs toujours possible lors de l’enlogement ou durant le jugement. Pour les envois en groupage, pensez à inscrire lisiblement sur vos caisses de transports votre nom et adresse, la catégorie (lapins, volailles, pigeons si les 3 sont présents dans l’exposition), le numéro de cage, la race, le sexe, le tatouage et le nom du groupage.

 

 

Emmenez ou donnez au responsable du groupage tous les documents relatifs à l’exposition. Ils sont obligatoires, tant lors d’un contrôle routier qu’à l’arrivée dans l’exposition. Bien remplis, ils aident à faire gagner un temps précieux aux organisateurs bénévoles.

 

 

Ainsi préparés, vos lapins auront toutes les chances de concourir pour les grands prix de l’exposition et permettront à tous, de l’animal aux organisateurs, en passant par l’éleveur et le juge, de faire de cette manifestation un moment agréable, sans stress et énervement.

 

 

Ces recommandations peuvent sembler longues et fastidieuses. Mais, étant l’aboutissement de toute une année d’élevage ; la présentation en exposition SE PREPARE, elle ne s’improvise pas. C’est à ces détails que l’on reconnaîtra votre sérieux. Ils contribueront à vous apporter un renom dans la race de lapins que vous élevez et dont, en bon éleveur vous devez connaître le standard ainsi que les défauts généraux disqualificatifs. Une exposition est aussi le moment où l’on peut, en discutant avec d’autres éleveurs, partager ce savoir cunicole, et progresser ainsi dans notre passion : l’élevage de lapins de race.

 

 

Bibliographie :
INFO UNION 68 – juillet 1993 – Jacques CZESCHAN
LES LAPINS DE RACE spécificités zoologiques standards officiels – édition 2000 – F.F.C.

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