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L'Élevage Alimentation Les glucides

Les glucides

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Alimentation des lapinsLes Glucides - Hydrates de carbone - Sucres         Jean-Jacques MENIGOZ (Octobre 2011)

 

Glossaire / Commentaires
Lipogénèse : Désigne l’ensemble des processus biochimiques permettant la synthèse des lipides en général et des acides gras en particulier.

Métaboliser : Assimiler par réaction métabolique (transformation d’une substance).

Péristaltique : Se dit des mouvements de constriction de l’œsophage qui font descendre les aliments dans l’estomac.

 

Il y a quelques temps nous avons eu l’occasion de réaliser un article sur l’eau, un des éléments indispensable aux lapins.
Nous poursuivons en abordant, un autre élément important, les glucides,  quelquefois dénommés hydrates de carbone.
Nous n’avons pas la prétention d’apporter la formule miracle. Combien de fois, lors de discussion entre éleveurs, n’avons-nous pas entendu de leur part le bon régime alimentaire. Et à la limite, pourquoi pas, si cela donne satisfaction à l’éleveur et surtout à ses élèves.
Les informations contenues dans le texte suivant sont là pour rappeler les phénomènes incontournables et les éléments chiffrés sont avant tout des ordres de grandeur.

 

Les glucides:
Les glucides sont les éléments les plus présents dans le monde végétal.
Ce sont eux qui contiennent et qui apportent le plus d’énergie aux lapins.

On distingue les :
Les glucides cytoplasmiques – pentoses, glucose, fructose, saccharose, maltose, lactose, mélibiose, fructosanes, amidons (fécules), …

Les glucides pariétaux des végétaux – cellulose, hémicelluloses, substances pectiques (lignine).                  

On peut également classer les glucides en :
Glucides assimilables – Les sucres rapides, digérés rapidement, fournissent un apport rapide et massif de sucre dans le sang. Les sucres lents, de digestion plus lente, permettent un apport de sucre (énergie) plus prolongé dans le temps.

Glucides non assimilables -  Ce sont les fibres alimentaires constituées principalement par la cellulose indigestible. Fibres végétales brutes, la  cellulose et les autres substances structurales, très peu digérées et assimilées, ont une faible valeur nutritive

 

 Besoins en glucides ou hydrates de carbone:
Ils constituent la principale source d’énergie de l’organisme. Ils sont considérés comme le carburant essentiel au bon fonctionnement des cellules. Ils fournissent l’énergie indispensable à la thermo-régulation des animaux, à la lipogénèse et aux dépenses de fonctionnement général de l’organisme. Ils forment une réserve d’énergie très importante car ils sont beaucoup plus simples à métaboliser que les lipides et les protéines.
Leur digestion est liée à leur nature. L’amidon et la cellulose dite indigestible sont les glucides les plus utiles pour le lapin.

L’amidon, apporte une importante quantité d’énergie, très utile :
Au maintien de la température corporelle (thermorégulation). En hiver, le besoin est plus important.
Au renouvellement des cellules.
A tous les déplacements et mouvements (vitalité).
Au fonctionnement des organes.
A la formation des graisses.
A la croissance, la gestation, la production laitière ….

Plus le lapin est âgé plus il est capable de digérer l’amidon.

La cellulose dite indigestible, constitue le lest alimentaire du lapin. En général le lest alimentaire est un poids mort dans l’intestin. Il aide à déplier les parois intestinales favorisant ainsi le transit et la digestion. Le lest a ainsi un véritable rôle physique ; c’est un stimulant mécanique. Il améliore l’action péristaltique, suite d’ondes générées par des contractions musculaires faisant progresser le contenu du tube digestif.
Le lest, constitué par la fraction indigestible de la cellulose, doit assurer un encombrement minimal du tube digestif. Cet encombrement, en ralentissant la digestion, est  nécessaire au bon fonctionnement du transit intestinal, car il évite les stases digestives et les fermentations toxiques qui peuvent en découler.
Pour le lapin, il nous paraît important de préciser le rôle du lest (des fibres). Si l’aliment contient peu de particules grossières et/ou si celles-ci sont hautement digestibles, le refoulement vers le caecum fonctionne à son maximum et le contenu caecal s’appauvrit en éléments capables de nourrir les bactéries « normales » vivant dans le caecum. De ce fait, il apparaît un risque élevé de voir se développer des bactéries différentes dans ce milieu appauvri, une partie d’entre-elles risquant d’être nocives. Il convient donc d’apporter, par voie alimentaire, un lest minimal qui permette aux animaux d’assurer un un bon transit digestif et un temps de séjour caecal suffisant. En règle générale, plus une substance contiendra de lignine, plus elle assurera son rôle de lest, indispensable pour le lapin.

Une alimentation présentant une bonne teneur en cellulose, notamment indigestible, permet une également un très bon fonctionnement du comportement de caecotrophie.

La cellulose indigestible contribue également à éviter la formation de boules de poils dans le système digestif. Elle favorise aussi l’usure des dents par une mastication plus longue.

La cellulose indigestible sert à réguler la digestion de l’ensemble des éléments de la ration. Elle améliore l’assimilation des nutriments. Elle permet l’entretien d’une bonne flore digestive et limite les risques de désordre alimentaire. Elle possède cependant un effet d’atténuation énergétique de la ration. La facilité et la rapidité de la digestion des parties nutritives d’un aliment, sont fonction de sa teneur en cellulose brute indigestible. Plus cette teneur est élevée dans la ration, plus la digestibilité  des matières organiques et de l’énergie sera réduite.

Nous touchons là une des difficultés à maitriser pour obtenir un bon équilibre de la ration. La cellulose digestible et indigestible doivent se trouver dans l’alimentation en proportion adaptée et en rapport avec les autres substances et notamment les protéines.

Il faut rester vigilant, car trop de cellulose indigestible peut être une source de parésie caecale, plus précisément chez les jeunes lapereaux et notamment avec une alimentation riche en luzerne.
Des stress de différentes origines (environnement, changement alimentaire, abreuvement défectueux, ….) associés avec une teneur insuffisante en cellulose indigestible de l’alimentation, seront très souvent à l’origine d’entérites. Résultat d’un ralentissement très sensible du transit intestinal favorisant ainsi la prolifération de germes anaérobies putréfiants.

Pour mémoire, noter que, l’augmentation de la teneur en cellulose indigestible dans l’alimentation peut entraîner le développement de l’importance du tube digestif.
De manière générale on évoque le taux de cellulose brute sur les étiquettes des granulés. A titre indicatif ce taux se situera à 14% pour les jeunes, 12 – 14% pour les femelles allaitantes et gestantes, 13 – 15% pour les lapins en entretien.

On admet que d’une manière générale, la teneur en cellulose brute indigestible ne doit pas être inférieure à 10%. Au-dessous de cette valeur le risque de diarrhée est très important. Toujours à titre indicatif, le taux de cellulose brute indigestible, quelque soit le statut de l’animal, est globalement inférieur de 2 points au taux de cellulose brute.

Une teneur trop importante en cellulose digestible (exemple hémicellulose des betteraves) peut être la source de problèmes, notamment de type entérite mucoïde.

Pour revenir sur les glucides (sucres), son taux est rarement indiqué. Les granulés en sont cependant riches. Le taux se situant entre 30 et 35%. Il ne faut pas chercher de teneur plus élevée. Les granulés trop riches en glucides le seront au détriment des autres substances, donc mauvais en final pour le lapin.

Pour les lapines allaitantes les besoins énergétiques sont très importants et le     niveau de consommation par rapport au volume du tube digestif est élevé. Le taux de cellulose brute de l’alimentation doit être compris dans une fourchette de 12     à 14%. Au-dessus de 14%, les besoins nutritifs des mères les plus productives risquent de n’être plus couverts par la capacité d’ingestion qui se situe au maximum, au environ du quart du poids de l’animal. Par exemple 750 grammes de végétaux par jour pour un lapin de 3 Kg.
En cas de concentration insuffisante en énergie, la femelle allaitante tend à puiser dans ses faibles réserves pour assurer la production de lait et peu en mourir brutalement surtout entre le dixième et vingtième jour de lactation.

 Parmi les glucides, au début de sa vie, le jeune lapin ne digère que des sucres dits simples (lactose, glucose, …). Le lait de sa mère en est cependant assez pauvre (environ 6%). Jusqu’à 8 semaines, la teneur en amidon doit rester faible (maximum 18%). Au moment du sevrage, les jeunes lapereaux digèrent assez mal l’amidon, attention au risque d’entérite. Il ne faut pas fournir d’amidon « rapide », et notamment ne pas donner de blé. L’amidon de l’orge est mieux adapté, sa digestion permet le développement d’une activité inhibitrice sur les bactéries pathogènes (clostridies, colibacilles) au niveau du caecum.  

Pour la période de croissance une teneur de 13 à 15% est satisfaisante.
Les lapins en croissance adaptent leur consommation ; plus l’aliment contiendra de cellulose indigestible, plus ils augmenteront leur consommation dans le but d’ingérer une quantité d’énergie digestible suffisante. Toutefois, si l’alimentation présente une concentration insuffisante en énergie, la vitesse de croissance sera réduite.

 

Sources:
Dans les aliments complets le taux de cellulose brute peut varier de 12 à 18%. Ils comprennent en général au moins trois sources de cellulose différentes pour notamment s’assurer une présence de cellulose aussi constante que possible.

La paille, le foin, la luzerne sont les sources incontournables de cellulose indigestible. La luzerne est la source principale pour la cellulose indigestible.

Les céréales, froment, seigle, orge, maïs, sarrasin, riz sont sources d’amidon et de cellulose. L’avoine et l’orge, aliments appétents pour le lapin, sont notamment une bonne source de cellulose.

Les issues de céréales sont de qualité très variable. Le son est une source de cellulose indigestible intéressante et est très utilisé dans les aliments lapins. Il présente cependant une valeur énergétique très faible.»

On trouve les glucides dans les carottes les fruits, pommes de terre et légumineuses. Les haricots, pois et lentilles sont des féculents intéressants, riche en amidon. Dans une proportion un peu plus faible ; la pomme de terre. 

Les pulpes de betteraves ont une bonne teneur en potassium et sont riches en hémicellulose. Leur cellulose est assez digestible par le lapin ce qui limite leur fonction de lest. Ne pas incorporer trop de pulpes de betteraves dans les aliments afin de limiter les risques de diarrhée.

L’aliment lapin optimum est un compromis entre d’une part, la nécessité d’un apport minimum de cellulose dite indigestible et d’autre part l’obligation d’utiliser un aliment relativement concentré afin de ne pas trop diminuer les performances zootechniques.

Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, et en fonction du statut de l’animal, le taux de protéine doit être supérieur de 2 à 5 points à celui de la cellulose brute. C’est l’inverse uniquement pour les animaux en période d’entretien, le taux de cellulose brute doit être supérieur de 3 à 4 points à celui de la protéine.

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