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L'Élevage Alimentation Condiments et végétaux pour nos lapins

Condiments et végétaux pour nos lapins

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Condiments et végétaux pour nos lapins ou l'expérience de nos anciens                       

par Jean-Jacques MENIGOZ   (Selon un article de Vie à la  Campagne   N° 474  avril 1950) 

 

Quels sont les branchages, les plantes et les herbes dont l'action est favorable à la  nutrition et qui sont considérés comme préventifs à certaines affections, à prévoir en complément du bon fourrage, odorant parce que récolté et séché soigneusement.

Image gif lapin

En dehors de la nourriture habituelle, donnez des herbes condimentaires à vos lapins. Elles constituent  en général des toniques dotés de vertus apéritives. Les unes sont acceptées d’emblée ; c’est notamment le cas du fenouil ; d’autres le sont moins facilement, comme le thym et le serpolet. Une accoutumance est nécessaire pour les plantes aromatiques à odeur intense.

   Serpolet

Image serpolet

 

Herbes et branchages toniques
Il est établi depuis longtemps que des plantes , sauvages ou cultivées, sont de premier ordre pour les lapins, en dehors des plantes fourragères : gesse, lotier(trèfle cornu), minette, vesce, luzerne, sainfoin, soja, trèfle, légumineuses, qu’il faut distribuer avec attention pour éviter les fâcheux ballonnements du ventre, surtout au printemps, lorsque vos lapins ont été nourris au régime du fourrage sec auquel vous faites brusquement succéder le régime du vert, surtout celui très fermentescible des légumineuses.

         Image pissenlit         Image luzerne

Vous disposez, parmi les plantes lactescentes, des chicorées, laiterons, pissenlits, salsifis, scorsonères ; et, parmi les autres des : pimprenelles, plantains, séneçons, feuilles de topinambours, tournesols, etc…, et de l’ortie surtout séchée.

      Image plantain          Image topinanbour         Image tournesol

Egalement de quantité de frondaisons d’arbres et d’arbustes : d’abord le saule, puis l’orme, le tilleul, le fusain du japon, le robinier faux acacia, l’églantier, le rosier et même les pétales de roses lorsque vous coupez celles-ci lors de leur défloraison. Tiges et feuilles d’œillets, dans la région où ceux-ci sont cultivés pour la fleur coupée, fournissent une verdure excellente.

Image orme           Image saule

Image robinier          Image tilleul          Image églantier

Les fruits d’églantiers et de rosiers, notamment quand vient l’automne, sont très appréciés ; ainsi que les pousses de poiriers et de pommiers, lors des ébourgeonnements, et les fruits tombés prématurément de ces arbres. Par contre, soyez prudent en ce qui concerne les frondaisons des essences de fruits à noyau, principalement du pêcher et de l’abricotier ; également du laurier-cerise ou laurier-amande, en raison de leur teneur en acide prussique. Les bruyères fournissent un appoint appréciable, mais les vieilles touffes ont le défaut d’être chargées en cellulose. Les genêts et ajoncs jeunes sont plus appréciables.

Faites provisions de ramilles de saule ; faites-les sécher pour les distribuer en hiver. Les lapins les décortiquent en entier (comme d’ailleurs les tailles d’olivier dans la Midi), en n’en laissant que le bois. Mais gardez-vous surtout du faux ébénier, bien que ce soit une légumineuse, celui-ci étant toxique.

 

Plantes aromatiques
Toutes les plantes de cette catégorie, les fameuses plantes «de bonne senteur»  d’Olivier de Serre, ne sont pas toujours acceptées par les lapins domestiques, surtout celles à odeur intense, au même titre qu’elles le sont par les lapins de garenne. Mais le thym cultivé, plus tendre, plus herbacé, moins chargé en cellulose que celui que vous ramassez dans les sols pierreux du Sud-Est et du Sud-Ouest, possède des propriétés désinfectantes par le thymol qu’il contient. Ne le distribuez toutefois qu’en petite quantité, ainsi que le serpolet, à titre condimentaire.

Il est deux plantes aromatiques que le lapin dévore avec voracité, qui sont à la fois apéritives, toniques, désinfectantes, rafraîchissantes et astringentes : le fenouil doux élevé, et les différentes sortes légumières, comme le fenouil de Florence, dont la base épaisse et engainante des feuilles forme une pomme au goût sucré et savoureux, qui active et favorise la lactation, à l’encontre du persil, et au même titre que la basilic grand. Les lapins ne laissent pas un brin de cette plante autant parfumée qu’aromatique.

         Image fenouil

Donnez également à vos lapins les feuilles de carottes et les verts de poireaux et d’oignons. Faites sécher pour l’hiver des tiges, feuilles et graines de fenouil, des tiges et feuilles de différents basilics. Mélangez-les à la pâtée ou au fourrage.

         Image basilic    Basilic

         

Beaucoup de persil
Le persil, feuilles, tiges, inflorescences, lorsqu’il monte à graines, est l’aliment type condimentaire pour tous les lapins, lapereaux, mâles et femelles, sauf toutefois pour les mères qui allaitent, parce qu’il freine et même arrête la sécrétion lactée ; mais cette distribution est parfaite pour le sevrage et pour couper le lait des trop bonnes laitières.

Constituez des bordures de persil commun, dont le rendement est infiniment plus élevé que celui des variétés à feuillage frisé, plus aussi en éléments nutritifs. Coupez-le au fur et à mesure des distributions : il repousse vite et donne rapidement une autre coupe. Sans atteindre la richesse en éléments nutritifs de la luzerne et du soja, il est plus nourrissant que la majorité des herbes et des fourrages en protéine, glucoside, vitamines A, B et C.

Les proportions de vitamines qu’il contient sont : en A, plus élevées que celles fournies par l’huile de foie de morue et la luzerne ; en B, égales à celles de la carotte, presque égales à celles du chou ; et en vitamines C, il surclasse le chou, le pissenlit, etc….

Il est également riche en minéraux : calcium, fer, phosphore, soufre. Il est tonique, apéritif ; il aiguise l’appétit, favorise la digestion par son action sur les glandes à sécrétion ainsi que l ‘assimilation des aliments, tout en limitant les fermentations. Privez-en momentanément les proches parturiantes et surtout les nourrices, mais donnez-en largement aux jeunes sevrés, aux adultes et aux mâles. Faites-en sécher pour l’hiver et saupoudrez-en les pâtées.

Image persil

Constatez qu’elles ressources vous fournissent ces végétaux aromatiques de bon aloi lorsque vous pouvez vous les procurer. Produisez-les abondamment dans votre jardin, lorsque cela est possible.

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